Le miracle des loups (Raymond Bernard, 1924)

Louis XI et Charles le Téméraire se disputent la France.

Seuls d’étonnants détails gores viennent épicer cette fresque académique dont le rythme narratif est particulièrement boiteux. A commencer par la scène éponyme, la platitude des morceaux de bravoure fait pâle figure face au lyrisme merveilleux d’un Stiller ou d’un Griffith.

Tu m’oublieras (Henri Diamant-Berger, 1930)

Après la mort d’une chanteuse qui avait leur fortune, deux éditeurs de musique associés recueillent la jeune fille de cette dernière.

Les cadrages guindés accentuent l’impression de préciosité désuète qui émane de ce film rendu plus attachant encore par l’extrême douceur du ton qui refoule mal des fantasmes incestueux. Cela ne m’étonnerait pas que Jacques Demy ait vu Tu m’oublieras et s’en soit souvenu au moment de réaliser Trois places pour le 26.

 

 

Tumultes (Robert Siodmak, 1932)

A sortie de prison, un mauvais garçon retrouve sa maîtresse qui s’est entichée d’un autre…

Le rythme manque de fluidité et de vivacité mais l’inventivité formelle de Siodmak donne de la hauteur à plusieurs séquences. Je pense notamment au travelling subjectif qui figure l’arrivée du rival chez la jeune femme. Plusieurs plans semblent sortis tout droit d’un film noir américain des années 40.

 

Le veau gras (Serge de Poligny, 1939)

Un jeune homme qui a vécu comme gigolo à Paris revient chez ses parents en province.

C’est plus sinistre que drôle: la mise en scène est platounette, le personnage d’André Lefaur est insupportable de vile caricature, la fin est prétentieusement morale et le seul bon moment du film est celui, doux-amer, où chaque membre de la famille vaque à ses occupations après le repas. C’est un des rares moments du cinéma français des années 30 où la Mère et la Famille sont filmées.

Les 28 jours de Clairette (André Hugon, 1933)

Capture

Apprenant qu’elle est trompée, l’épouse d’un réserviste rejoint celui-ci dans sa caserne…

Un vaudeville troupier vulgaire à bien des endroits (les seconds rôles en roue libre) mais assez efficace. André Hugon fait preuve d’une relative inventivité stylistique (les nombreux travellings, le plan sur les soldats de plomb) qui ne rehausse guère l’intérêt de la pochade mais qui contribue à me le rendre encore plus sympathique.

 

L’école des contribuables (René Guissart, 1934)

Le gendre d’un fonctionnaire du Trésor public, poussé à travailler par son beau-père, fonde une agence pour aider les contribuables à payer moins d’impôts.

Une comédie désuète mais subversive et amusante qui vaut essentiellement pour ses numéros d’acteurs. Quoique sa présence soit limitée à celle d’un second rôle, Larquey est grandiose.