Bello, onesto, emigrato Australia sposerebbe compaesana illibata (Luigi Zampa, 1971)

Un travailleur italien émigré en Australie trouve une épouse calabraise en mentant dans une annonce matrimoniale…

Un regard aiguisé, source de gags aussi bien que d’amertume, sur une réalité méconnue (la solitude des immigrés italiens en Australie) et une Claudia Cardinale sublime et sublimée (on note que les cheveux mi-longs lui vont à ravir) permettent à cet inédit tardif de Luigi Zampa de rester plaisant en dépit de la paresse certaine de l’écriture (plusieurs péripéties artificielles) et de l’interprétation grimaçante d’un Sordi en roue libre.

Le récif de corail (Maurice Gleize,1939)

En Australie, un fuyard rencontre une fuyarde…

Réalisé dans la foulée du succès de Quai des brumes, Le récit de corail est un assez joli film. Evidemment, Jean Gabin, Michèle Morgan et Pierre Renoir ne sont guère crédibles en Australiens. Le réalisme poétique se fait ici beaucoup plus poétique que réaliste. Le pays des kangourous est réduit à un désert, une ville et une île lointaine. Le désert permet aux proscrits de se réfugier, la ville leur permet d’être pourchassés et l’île leur permet d’avoir la nostalgie d’un ailleurs. Ça cadre parfaitement avec la mythologie du courant dans lequel le film de Maurice Gleize s’inscrit pleinement. Aidé par une très belle photo de Kruger, le cinéaste fait preuve d’un étonnant talent visuel qui donne une consistance lyrique et onirique à un récit aux articulations poussives. On appréciera également l’absence de diabolisation des opposants au héros à laquelle l’auteur préfère la compassion généralisée (soit le contraire d’un scénario à la Prévert).

Age of consent (Michael Powell, 1969)


Un peintre en exil sur une île australienne rencontre une très jeune fille qui y habite avec sa grand-mère, jeune fille dont il va faire sa modèle…
L’avant-dernier film de Michael Powell n’est pas inoubliable. De fait: dans l’oubli il est plus ou moins tombé. La faute d’abord à un scénario médiocre dont l’indigence éclipse les quelques attraits de l’œuvre. Le film reste en surface de ce qu’il aborde. La piste narrative principale, la plus intéressante, la relation entre le peintre et sa modèle, est parasitée par l’amourette de l’ami du peintre qui n’a strictement aucun intérêt. Heureusement, Age of consent est interprété par de bons comédiens qui parviennent malgré tout à faire exister leurs personnages. James Mason en Robinson volontaire qui porte beau la barbe en impose et la semi-sauvageonne jouée par Helen Mirren, sorte de cousine éloignée de la renarde, a droit à quelques unes des plus belles séquences du film, notamment celle où elle prend conscience dans sa chambre du potentiel de séduction de son corps. Oui, Age of consent est aussi le film d’un vieux monsieur libidineux et c’est ce qui le sauve de l’inintérêt total. Helen Mirren est magnifiquement filmée. De plus, s’il a perdu Pressburger, le cinéaste n’a pas perdu son talent de coloriste qui se manifeste toujours dans la composition des plans, le choix des accessoires; il use et abuse de ces décors naturels édéniques: les plages australiennes.
Bref, comme il n’a pas grand-chose à raconter, Powell se fait plaisir en filmant ce qui lui plait: les animaux, les panoramas de carte postale, le corps bronzé et charnu d’Helen Mirren, les fonds-sous marins, voire les deux à la fois (Helen Mirren qui plonge toute nue)…d’où malgré la pauvreté narrative de l’ensemble, un charme ténu mais certain.