Un dimanche romain (Anton Giulio Majano, 1953)

A Rome, un dimanche où se déroule un match de foot, différentes intrigues se nouent.

Un film choral dans la lignée de Dimanche d’août. Grâce à son sens du rythme, à la présence du cadre urbain, à la sympathie des comédiens et à la cocasse justesse de plusieurs traits, Anton Giulio Majano parvient à faire oublier le caractère très artificiel de l’écriture. Seules les scènes mélo entre l’entraîneur déchu et son épouse vénale sonnent faux dans cette sympathique comédie de la tendance « néo-réalisme rose ».

Les années difficiles (Luigi Zampa, 1948)

Pendant le fascisme, un fonctionnaire sicilien est obligé de s’encarter pour conserver son poste…

Les années difficiles est une vraie petite fresque puisque les protagonistes sont suivis pendant dix ans et que la grande histoire y interfère sans cesse avec leur destin. Une large attention est accordée aux personnages secondaires, à l’entourage familial et amical du héros. Luigi Zampa parvient à garder une certaine unité thématique en se focalisant sur les attitudes des uns et des autres face à l’hydre fasciste. La plupart des scènes sont marquées par une percutante justesse de ton même si on pourra regretter l’univocité du comportement du héros: celui-ci est perpétuellement représenté comme une victime; comme si, en dix ans, il n’avait jamais profité de la situation créée par les magouilles de sa femme. L’interprétation façon « chien battu » de Umberto Spadaro n’aide pas à enrichir son caractère. Gageons que si Les années difficiles avait été tourné dix ans plus tard avec Alberto Sordi, le personnage aurait été plus nuancé. Ce défaut révèle un manque de franchise dans la satire mais n’empêche pas le film de figurer parmi les réussites de Zampa d’autant que le montage vif maintient un rythme soutenu dans la narration. Enfin, si Les années difficiles est plus dramatique que plusieurs travaux ultérieurs du cinéaste, ses passages comiques font mouche: ainsi de la représentation de la Norma caviardée par les miliciens incultes.

Dimanche d’août (Luciano Emmer, 1950)

Un dimanche d’août, des Romains divers et variés vont à la plage.

Ce film néo-réaliste réalisé par un documentariste est dénué des oripeaux sociaux-politico-démago qui encombrent tant de films de ce courant. Reste un panorama honnête et historiquement intéressant de certaine couche populaire de l’Italie d’après-guerre. Les scénaristes ont dans l’ensemble entremêlé leurs nombreuses intrigues avec virtuosité mais ils auraient pu nous épargner l’anecdote policière qui arrive comme un cheveu sur l’eau d’un verre qui ne manque pas de fraîcheur. Chronique superficielle mais attachante, Dimanche d’août s’inscrit dans la lignée du Solitude de Fejos.