Sangaree (Edward Ludwig, 1953)

Peu de temps après l’indépendance américaine, le fils adoptif d’un riche Géorgien lutte contre des aristocrates pour jouir de son héritage.

Petit film d’aventures peu sauvable. Rien ne vient compenser la permanente facilité du script, l’indigence des décors, les transparences flagrantes et les faux raccords. Certes, je ne l’ai pas vu en relief -procédé avec lequel Sangaree a été réalisé- mais je ne vois guère de séquence où la troisième dimension ajouterait de l’intérêt tant la mise en scène est peu dynamique. On se demande également comment Michel Mourlet a pu voir en Fernando Lamas dans ce film un corps de la race de Charlton Heston. Heureusement, il y la sublime Arlene Dahl qui pimente le film d’un érotisme bienvenu.

Le trésor des Caraïbes (Caribbean, Edward Ludwig, 1952)

Au XVIIIème siècle, le capitaine d’un vaisseau demande à un mutin d’infiltrer l’île tenue par l’ennemi qui a dérobé sa fortune et enlevé sa fille.

Le parfum romanesque d’un récit à la Stevenson qui préfère la grandeur tragique au manichéisme de convention, le beau Technicolor, les acteurs impeccables (John Payne, Cedric Hardwicke, Francis L. Sullivan), la netteté du rythme et le zeste d’érotisme attendu avec Arlene Dahl dirigée par Edward Ludwig sont les atouts majeurs de ce bon film d’aventures.

Mosquito coast (Peter Weir, 1986)

Un inventeur qui déteste ce qu’est devenu l’Amérique s’en va avec sa famille habiter dans un village du Honduras.

Récit programmatique et artificiel d’un refus de la décadence occidentale qui vire à l’aliénation, typique des scénarios de Paul Schrader. A partir du moment où les méchants interviennent, ça perd toute crédibilité sans pour autant que les personnages ne dévient de leur trajectoire initialement tracée. Bref: un gros bof.

 

Le masque de fer (Allan Dwan, 1929)

Vingt-cinq ans après avoir été séparés par Richelieu, d’Artagnan et ses amis se retrouvent pour contrer un complot d’usurpation royale.

Douglas Fairbanks et les scénaristes à sa solde ont allègrement mélangé -et trahi- Les trois mousquetaires et Le vicomte de Bragelonne. Mais ils l’ont fait intelligemment. Certes, la complexité tragique du dernier volet de la trilogie de Dumas a été évacuée au profit d’un manichéisme bien hollywoodien mais l’ensemble forme un récit cohérent même si riche en péripéties. Le rythme de ce Masque de fer compte parmi les plus parfaits de l’histoire du cinéma. L’action est pour ainsi dire continue. L’attention de la caméra aux cabrioles toujours impressionnantes de Fairbanks, âgé de 46 ans, n’empêche pas la restitution d’un monde grouillant et poétique grâce notamment à la variété somptueuse des décors et à la remarquable utilisation de la profondeur de champ. La cadence n’exclut pas la mélancolie, matérialisée par des surimpressions naïves et émouvantes. Bref, un chef d’oeuvre, cent coudées au-dessus du terne film de Niblo.

Les trois mousquetaires (Fred Niblo, 1921)

D’Artagnan et ses trois amis contrecarrent un complot de Richelieu contre la Reine.

L’exposition est trop longue, l’actrice qui joue Anne d’Autriche (Mary MacLaren) est incroyablement moche, le scénario a évacué toute la deuxième partie du roman, celle qui, axée sur Milady, lui insufflait certaine profondeur dramatique et, en dehors des -trop rares- séquences d’action mettant en valeur Douglas Fairbanks, la mise en scène est sans éclat. Bref, une adaptation hollywoodienne du classique de Dumas très en deça de la splendide version de George Sidney.

La bête errante (Marco de Gastyne, 1932)

Un homme part chercher de l’or en Alaska pour les beaux yeux d’une femme de la ville.

Des dialogues particulièrement nuls et une mise en scène qui a le statisme et la mollesse typiques des débuts du parlant empêchent ce film d’aventures, au scénario très conventionnel bien que le cadre soit original, de décoller malgré de jolies images enneigées.

 

Scaramouche (Rex Ingram, 1923)

Pendant la Révolution française, un homme aux origines mystérieuses veut venger un ami révolutionnaire assassiné par un noble.

Ramon Novarro est fade, la grande Histoire est mal intégrée au récit principal et l’académisme de la mise en scène est assommant. La version de George Sidney est supérieure en tous points.