Drôle de jeu (Pierre Kast, 1968)

Pendant l’Occupation, un mouvement de résistance communiste est confronté à la capture d’un des siens.

Le seul intérêt du bouquin atrocement didactique de Roger Vailland résidait dans le noeud de l’intrigue qui apparentait son tract communiste aux grands mélodrames romanesques. Malheureusement, pour son adaptation, Pierre Kast a préféré retenir les tirades abondantes et ronflantes du héros que de jouer sur le potentiel tragique du récit. Probablement ce piètre metteur en scène en aurait-il été incapable, tel qu’en témoigne la platitude de son filmage, la grisaille de son image, la neutralité forcenée de ses acteurs (désastreuse influence de Bresson), l’absence totale de souffle dramatique. Pour parachever, précisons que Maurice Garrel n’est pas crédible du tout en libertin.

Fille d’amour (Traviata ’53, Vittorio Cottafavi, 1953)

Un fils de bonne famille s’entiche d’une demi-mondaine…

Adaptation contemporaine de La dame aux camélias, Fille d’amour est un mélodrame très classique, limite convenu mais correctement réalisé. Les mouvements de caméra sont judicieux et quatre ans avant Ascenseur pour l’échafaud, on note qu’une trompette jazzy accompagne l’errance nocturne d’une jeune femme dans une grande ville même si cet accompagnement a ici une fonction plus dramatique que chez Louis Malle. Par ailleurs, la satire des noctambule branchés au début préfigure La dolce vita. Bref, loin d’être un chef d’oeuvre dans son genre, Fille d’amour est quand même assez intéressant.