Prisonnier de la peur (Fear strikes out, Robert Mulligan, 1957)

Un jeune espoir du base-ball est rendu fou par la pression que lui met son père.

Après une excellente première partie, la pesanteur didactique (via le récit et les dialogues) et expressive (via l’interprétation parfois exagérée de Anthony Perkins) se fait sentir mais le tout demeure habilement mené, avec une efficacité, une précision et un sens de l’ambigüité d’autant plus dignes d’admiration qu’il s’agissait du premier film de Mulligan (tourné pour le cinéma).

Une nouvelle chance (Trouble with the curve, Robert Lorenz, 2012)

Un recruteur de base-ball près de la retraite et fâché avec sa fille s’oppose à la direction de son club.

Jusqu’au dénouement, on s’efforce d’y croire. Cette opposition entre vieux pleins de bon sens et technocrates déshumanisés a beau être manichéenne et attendue, les notations crues sur la vieillesse d’un Clint plus que jamais fasciné par sa propre décrépitude (la première séquence présente quand même la star entrain de pisser des lames de rasoir) ainsi que ses conflits avec sa progéniture lui insufflent une appréciable justesse humaine. Mais la consternante stupidité de la fin achève l’indulgence du spectateur un tant soi peu lucide.

Flashing spikes (John Ford, 1962)

Un jeune joueur de base-ball est soupçonné de corruption après avoir eu des contacts avec un vétéran qui fut en son temps radié des terrains.

Dans le cadre de la série « Fred Astaire présente », John Ford a réalisé cet épisode consacré au base-ball et y a employé plusieurs de ses prestigieux collaborateurs de L’homme qui tua Liberty Valance, tourné la même année: James Stewart en vedette, John Wayne en figurant, William Clothier à la photo. Le monde du sport sert de décor à une fable sur la malfaisance des rumeurs et des calomnies. Flashing spikes confronte deux beaux personnages fordiens: le jeune espoir récemment marié dont la carrière est interrompue suite à son envoi en Corée et la légende vivante à la réputation entachée. Les multiples notations drôles et pathétiques enrichissent la texture d’un film au scénario calibré voire ouvertement démagogique (ainsi du laïus final d’Astaire sur le base-ball). L’affaissement physique de Stewart rend plus que sensible la déchéance de son personnages. Sa merveilleuse interprétation contribue grandement à rendre Flashing spikes nettement supérieur à Rookie of the year, l’autre épisode de série réalisé par Ford sur un sujet très similaire. Ne serait-ce que parce que ce téléfilm d’une heure constitue une belle occasion de se rappeler quel immense acteur était James Stewart, il se doit d’être vu.

Up the river (John Ford, 1930)

Un jeune homme de bonne famille emprisonné suite à une bagarre qui a mal tourné tombe amoureux d’une co-détenue.

Ceci n’est que le bref aperçu d’un récit particulièrement décousu. Il y a un mélange de gravité et de comique typiquement fordien. Up the river marque la première apparition à l’écran de deux futures stars: Spencer Tracy et Humphrey Bogart. Si le cabotinage de Tracy s’avère convaincant, Bogart dans un rôle de fils de bonne famille à l’opposé de ceux qui le rendront célèbre dix ans plus tard est loin de crever l’écran. Son total mépris de toute vraisemblance, alors que la marque des plus beaux films de Ford (Convoi des braves, Soleil brille pour tout le monde… ) est de parvenir à rendre crédibles les utopies du cinéaste, empêche de toute façon Up the river d’être considéré comme autre chose qu’une curiosité.

Bang the drum slowly (John D. Hancock, 1973)

Un excellent joueur de base-ball pose une condition inhabituelle à son engagement dans un nouveau club: il exige que son pote, pas très brillant et atteint d’un cancer, soit recruté avec lui. Ce sera leur dernière saison ensemble.

Le cadre du film de base-ball est l’occasion de célébrer l’amitié et la camaraderie. En dehors d’un nombre important de ralentis, figure obligée et malheureusement très laide du genre, la mise en scène relativement sobre empêche le film de sombrer dans le vulgaire tire-larmes. Ce malgré l’aspect mélodramatique du sujet et son traitement très sentimental voire naïf. Robert De Niro à ses débuts est touchant dans son rôle de péquenaud condamné. A noter enfin que d’après son livre d’entretiens avec Lawrence Grobel, Bang the drum slowly serait le film préféré d’Al Pacino.

Strategic Air Command (Anthony Mann, 1955)

Une collaboration méconnue de la paire bénie Anthony Mann/James Stewart. Stewart incarne un joueur de base-ball qui reprend du service dans l’aviation, pour les besoins de son pays. C’est évidemment un film de propagande pour le Strategic Air Command -commandement de l’US Air Force qui regroupe des unités de bombardiers- mais la propagande est subtile, le film se focalisant, plus encore que Romance inachevée, sur le couple James Stewart/June Allyson. Les éternels tourments de l’épouse qui voit son homme la délaisser pour son engagement dans l’Armée, engagement toujours plus chronophage. L’alchimie entre les deux acteurs est évidemment excellente et on croit sans peine à leurs disputes et réconciliations. Intelligence de la propagande donc, qui passe par une histoire plus surprenante qu’il n’y paraît car le message du film pourrait être au final « l’armée est faite de citoyens moyens, avec des problèmes de couple, avec des défauts, et on apprécie leurs services rendus même si on finit par les virer à cause de ces défauts ». On est donc loin des héros sans peur et sans reproche. Ce qui évidemment n’empêche pas un fétichisme de bon aloi vis-à-vis des avions, superbement cadrés en VistaVision. Ajoutons que Strategic Air Command est accompagné par une belle musique élégiaque de Victor Young. Au final, un film de propagande plus intéressant qu’on n’aurait pu l’imaginer, grâce au talent des professionnels impliqués dans sa réalisation, aussi bien les scénaristes, les acteurs, que l’équipe technique dirigée d’une main de maître par Anthony Mann.