White zombie (Victor Halperin, 1932)

A Haïti, un homme fait transformer une femme mariée à un autre en zombie.

Premier film « important » de zombie de l’histoire du cinéma, White zombie est travaillé visuellement. Il y a des décors soignés et quelques plans frappants. Dans les derniers plans, Madge Bellamy a une fascinante tête de poupée. Mais il y a de gros problèmes de rythme aussi bien dans le scénario (qui n’est de plus pas toujours très cohérent) que dans la mise en scène (cf la lenteur du phrasé des comédiens plus soporifique que fascinante). Il y a un sacré fossé entre ce film et le Vaudou de Tourneur.

 

L’île du docteur Moreau (Island of lost souls, Erle C. Kenton, 1932)

Un naufragé se retrouve sur une île où un savant anglais travaille sur des créatures hybrides.

Quoique paraissant aujourd’hui assez conventionnel, cette première adaptation du roman de H.G Wells s’inscrit pleinement dans cette sorte d’âge d’or du cinéma fantastique que fut le début des années 30 à Hollywood. Certes, on n’y retrouve pas la poésie douloureusement humaniste d’authentiques chefs d’oeuvre tels que La fiancée de Frankenstein ou Freaks mais le jeune Charles Laughton fait merveille dans le rôle du maniéré docteur Moreau, les maquillages restent impressionnants, l’atmosphère étrange est bien rendue grâce à la photo et à des personnages originaux et bien caractérisés (la femme-panthère!) et le tout a le mérite, typique de l’époque, d’être concis. Un bon film donc.

Le chat noir (Edgar G.Ulmer, 1934)

Dans un château perdu d’Europe de l’Est, l’affrontement entre un homme qui a perdu sa femme et son épouse et le grand prêtre sataniste qui les lui a enlevées  dix-huit ans plus tôt.

L’histoire est donc grotesque. Le symbolisme ne fait pas dans la dentelle. La mise en scène est hiératique voire un brin guindée, à l’image du jeu de Boris Karloff et Bela Lugosi, mais ce hiératisme crée une réelle beauté. Les séquences liturgiques notamment sont fascinantes. Edgar Ulmer était le poète du bizarre, des forces occultes et il a su tirer parti de son matériau en le prenant à bras le corps, sans ironie. Son style se retrouve aussi dans la photographie très contrastée. Il faut donc passer outre les défauts de la narration pour apprécier l’atmosphère ténébreuse et discrètement mélancolique tissée par le metteur en scène. Ce qui, compte tenu du fait que le film ne dure guère plus d’une heure, n’est pas très difficile.

Le récupérateur de cadavres (The body snatcher, Robert Wise, 1945)

Un scientifique se rend compte que l’homme qu’il paye pour lui fournir des cadavres fait du zèle…Cette adaptation de Robert Louis Stevenson bénéficie de la présence de deux icônes du genre, Boris Karloff et Bela Lugosi, et d’une direction artistique particulièrement soignée qui restranscrit bien l’ambiance gothique propre à ce genre d’histoire. Le film est cependant mou du genou, assez bavard, même si quelques belles ellipses de la mise en scène portent la marque de Val Lewton, le génial producteur. La fin est bêtement moralisatrice. A réserver aux inconditionnels (du genre, du producteur, de Stevenson…).