Les truands (Carlo Rim, 1956)

Doyen des Français, le patriarche d’une famille de truands se voit remettre la Légion d’honneur…

Dépourvu de fermeté narrative et construit avec des flashbacks narrés par divers truands, Les truands est un film à sketches qui ne s’avoue pas. La tendresse burlesque de l’ancien caricaturiste Rim, patente dans sa façon de croquer des gendarmes en équilibre sur un toit parisien ou dans celle de filmer un pickpocket en action pendant la Commune, contribue plus au charme de la comédie qu’une distribution prometteuse mais décevante faute de constance dans le niveau des dialogues. Sympathique, sans plus.

 

Les 28 jours de Clairette (André Hugon, 1933)

Capture

Apprenant qu’elle est trompée, l’épouse d’un réserviste rejoint celui-ci dans sa caserne…

Un vaudeville troupier vulgaire à bien des endroits (les seconds rôles en roue libre) mais assez efficace. André Hugon fait preuve d’une relative inventivité stylistique (les nombreux travellings, le plan sur les soldats de plomb) qui ne rehausse guère l’intérêt de la pochade mais qui contribue à me le rendre encore plus sympathique.

 

Romarin (André Hugon, 1937)

En Provence, un épicier tente de fiancer sa fille à un pêcheur séducteur dont le père, musicien et champion de pétanque, l’aiderait à devenir maire…

Ce n’est que l’un des axes narratifs d’un film qui mélange les genres et a aussi des composante policières et musicales. Le tout est très inégal mais a un certain charme. Les dialogues (du sous-sous-Pagnol) et le cabotinage de Larquey et Le Vigan (en roue libre) amusent tandis que le folkore provençal, la sympathie des acteurs, les chansons de Scotto et les décors naturels des calanques restituent plutôt bien l’atmosphère chaleureuse d’un midi mythifié. En revanche, dès qu’il s’agit d’insuffler un peu de tension dramatique, dès qu’il s’agit d’insuffler un peu de vérité à des situations usées, la platitude du découpage de André Hugon se ressent cruellement. Le montage entre les différentes composantes du récit est également plus maladroit qu’audacieux: il y a une partie dont on se demande pourquoi elle est racontée en flashback…mais ce genre de tentative fait partie de la poésie naïve de ces petits films bricolés avec une ambition manifeste même si pas vraiment concrétisée (André Hugon, réalisateur de troisième division mais auteur complet, signe ses films comme les signait Abel Gance).