Du sang sur la Tamise (The long good friday, John Mackenzie, 1980)

A Londres à la fin des années 70, un caïd entend profiter de l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun pour devenir respectable mais une série de morts violentes altère ses plans.

Un bon polar qui mêle habilement stylisation plastique et saupoudrage documentaire. La nervosité de la caméra, l’inventivité des scènes de violence, une certaine sensibilité de coloriste et l’emphase de la musique vivifient un récit aux enjeux variés. Les docks londoniens ont rarement été aussi bien filmés. Scorsese a dû voir The long good friday avant de réaliser Les affranchis.

The lonely passion of Judith Hearne (Jack Clayton, 1987)

A Dublin au milieu du XXème siècle, une professeur de piano anciennement alcoolique tombe amoureuse du frère de sa tenancière…

Le dernier film de Jack Clayton est une réussite tant la dialectique entre une société oppressante et les fêlures intimes y est subtilement retranscrite: la première ne détermine pas complètement les secondes, le mystère psychologique est ménagé. Maggie Smith incarne la vieille fille amoureuse avec brio, les pensions de famille dublinoises à l’atmosphère un peu rancie n’ont jamais été aussi bien filmées et la somptueuse musique de Georges Delerue insuffle le lyrisme nécessaire pour que tout ça ne verse pas dans le sinistre total.