Middle age crazy (John Trent, 1980)

Crise de la quarantaine chez un bourgeois américain.

Film tiré de la chanson éponyme de Sonny Throckmorton immortalisée par Jerry Lee Lewis (qui a co-écrit le scénario). Ce n’est pas du Blake Edwards mais c’est bien vu, tendre et touchant voire non dénué d’une certaine complaisance. Figurer la crise de conscience avec des inserts « mentaux » est facile mais efficace.

Les cowboys (Mark Rydell, 1972)

Abandonné par ses employés qui se sont rués vers l’or, un vieux cow-boy embauche des enfants pour convoyer son troupeau.

Le côté limite de ce cow-boy qui fait travailler des gosses pour une rude mission n’est que subrepticement questionné par l’évocation de ses deux fils morts. Mark Rydell a beau être le seul réalisateur du nouvel Hollywood avec qui John Wayne ait travaillé, Les cow-boys n’est qu’une énième illustration de la légende de la star et de sa vision du monde réactionnaire. Pleine de zooms foireux, l’illustration est de plus particulièrement molle et mal ficelée telle qu’en témoigne la piètre caractérisation d’un méchant extraordinairement caricatural. C’est dommage, les jolies scènes du début entre les vieux époux pouvaient faire croire à un beau western intimiste et crépusculaire.

Retour (Coming home, Hal Ashby, 1978)

L’épouse d’un officier en mission au Viet-Nam trouve un poste dans un hôpital de vétérans et tombe amoureuse de l’un d’eux, paraplégique.

Authentique film de hippie attardé (le discours final!), Coming home est néanmoins un joli film. Certes Hal Ashby est un réalisateur au talent limité. En témoigne par exemple sa plate utilisation des standards du rock des années 60. Born to be wild, Sympathy for the devil ou Hey Jude ne font pas décoller une séquence mais au contraire écrasent celle-ci de leur poids énorme. Il faut une profonde symbiose entre le dynamisme d’une mise en scène et la mélodie d’un classique de la pop pour que ce dernier n’apparaisse pas plaqué sur les images. Cette symbiose, qui caractérise notamment les meilleurs films de Martin Scorsese, est généralement absente chez Hal Ashby.

Heureusement, Ashby a également exhumé certaines pépites peu connues tel la géniale Out of time des Rolling Stones qui ouvre et clot le film. Cela donne une dimension plus secrète à son esthétique, établit d’emblée une connivence avec l’amateur de rock averti. Mais ce genre de clin d’oeil, aussi agréable soit-il pour le happy few, n’a jamais contribué à la réussite d’un film.

Ce qui fait que Coming home, malgré son fort peu subtil message pacifiste, vaut largement le coup d’oeil, c’est la sensibilité avec laquelle les protagonistes sont dépeints. Ce ne sont pas les véhicules de la thèse de l’auteur, ce sont de beaux personnages de fiction. L’évolution des sentiments de chacun est particulièrement bien retranscrite. Les acteurs sont excellents et Jane Fonda est carrément sublime. Un plan sur sa chute de reins suffit à absoudre le passif Viet-Minh de la dame.