Le cardinal (Otto Preminger, 1963)

Intelligence du traitement, ampleur du récit, émotion indéniable, ce joyau est un des tout meilleurs films du grand Otto Preminger, quelque part entre Laura et Tempête à Washington. Nommé à l’Oscar en son temps, je me demande pourquoi il est quasi-oublié aujourd’hui. Acteur principal inconnu ? certes, mais Tom Tryon est parfait dans le rôle. Et puis la distribution comporte quelques grands noms, à commencer par Romy Schneider, aussi ravissante lorsqu’elle incarne la jeune étudiante autrichienne idéaliste qu’émouvante lorsqu’elle prend conscience de l’horreur nazie à ses propres dépends. Sujet austère ? a priori, l’ascension d’un cardinal ne devrait passioner qu’un nombre restreint d’initiés mais la dramaturgie romanesque la rend captivante tandis que le regard distancié et pondéré de Preminger élève le film, en fait une oeuvre capable de parler à chacun, une oeuvre sur l’accomplissement personnel face au monde.

Chef d’oeuvre.