Train de luxe (Twentieth century, Howard Hawks, 1934)

Un célèbre dramaturge tente de reconquérir une actrice qu’il a lancée et qui l’a quitté…

Avec New-York Miami sorti environ trois mois avant par le même studio (la Columbia), Train de luxe peut être considéré comme l’embryon de la « screwball comedy ». On y perçoit comment les auteurs hollywoodiens se sont peu à peu extraits de la gangue du théâtre filmé pour inventer le genre le plus florissant des années 30. Ici, des seconds rôles farfelus, un rythme impeccable et des vannes cyniques vivifient un vaudeville franchement banal.

En revanche, il n’y a pas encore la richesse d’invention dans le détail qui fera le sel des chefs d’oeuvre du genre tel Cette sacrée vérité ou L’amour en première page. Par ailleurs, John Barrymore et Carole Lombard cabotinent à qui mieux mieux. Larges mouvements de bras, grimaces, diction excessive…leur interprétation reste très théâtrale. Le fanatique de Hawks aura beau jeu de rétorquer qu’ils jouent des personnages de comédiens en perpétuelle représentation. Ils n’en sont pas moins fatigants à la longue.

Bref, Train de luxe est une bonne comédie qui a un peu vieilli mais qui a contribué à ouvrir la voie aux classiques ultérieurs. De plus, Howard Hawks y a révélé Carole Lombard.

La joyeuse suicidée (Nothing sacred, William Wellman, 1937)

Un journaliste exploite l’histoire d’une jeune mourante avec le consentement de celle-ci, ravie de quitter son trou pour New-York.

Comédie américaine a priori assez particulière pour deux raisons. D’abord, elle est signée William Wellman, cinéaste plus célèbre pour ses westerns, polars et autres films de guerre que pour ses comédies. Ensuite, elle a été tournée en Technicolor à une époque, les années 30, où les -très rares- films en couleurs étaient plus épiques que comiques. En l’occurrence, cela ne s’avère pas une très bonne idée tant la lumière marronâtre est vilaine. Très court et elliptique, le film est à la limite de l’aridité. La concision est une vertu mais dans une screwball comedy, il faut que les personnages vivent, prennent le temps de se confronter. Ce qui est intéressant, ce n’est pas qu’un homme et une femme tombent amoureux, c’est de voir comment ils tombent amoureux. Ici, tout va trop vite. Les situations n’étant pas assez développées, l’inévitable histoire d’amour n’est pas crédible tandis que la satire des media, pertinente en soi, reste à l’état de note d’intentions. Le jeu hystérique de Carole Lombard et celui empesé de Frederic March n’arrangent pas les choses. Ce n’est pas que La joyeuse suicidée soit un navet mas il pâtit clairement d’une certaine raideur, d’un manque de naturel dans la fantaisie.