Las Vegas, un couple (The only game in town, George Stevens, 1970)

A Las Vegas, une femme qui attend que son riche amant divorce rencontre un pianiste de bar cherchant à gagner 5000 dollars pour quitter la ville.

L’origine théâtrale du film se fait un peu lourdement sentir: les dialogues prennent trop de place et les rebondissements paraissent parfois artificiels. Le découpage, appliqué mais précis, restitue bien l’espace du deux-pièces servant de décor à la majorité du film. Parfaitement interprété par Liz Taylor et Warren Beatty, ce dernier film de George Stevens est assez beau en ceci que les personnages brisent eux-mêmes leurs rêves, par amour.

Le flambeur (Karel Reisz, 1974)

Les dettes de jeu d’un professeur de littérature le mènent à côtoyer une faune interlope…

Sur le thème du joueur possédé par son vice, Karel Reisz et James Toback, au scénario, ont peut-être signé le meilleur film qui soit. L’appréhension behaviouriste plus que psychologisante du joueur déjoue les clichés habituellement attachés à ce genre de personnage. La citation de Dostoïevski lors du cours de littérature ne saurait induire en erreur: The gambler n’a que peu à voir avec le roman du génial explorateur des tréfonds de l’inconscient humain. Une grande importance est ainsi donnée aux rapports du joueur avec ses élèves, sa famille, sa mère. Sans mélo mais avec une belle finesse, de façon quasi-impressionniste, Reisz montre toutes les répercussions morales et affectives de son obsession. Voir ainsi la manière dont il demande de l’argent à sa mère, manière qui met en relief toute la pudeur et l’amour de leur relation. Le tact et la précision de la mise en scène de Reisz sont telles qu’il arrive à faire ressentir le malheur, purement moral, de l’issue d’un match truqué ayant permis à son héros de se refaire. C’est très fort. Il est en cela bien aidé par la musique de Jerry Fielding et, surtout, par l’interprétation de James Caan, prodigieuse de sensibilité.

Les flambeurs (California split, Robert Altman, 1974)

Un joueur professionnel se fait un pote autour d’une table de jeu et l’entraîne avec lui.

Un film en roue libre aussi bien du point de vue narratif que formel. Très typique du cinéma américain des années 70. Les personnages n’ont aucune substance, le jeu n’est rien de plus qu’un décorum. Insignifiant et très ennuyeux. Mieux vaut revoir Passion fatale de Siodmak, autrement vertigineux et angoissant.