Le crime est notre affaire (Pascal Thomas, 2008 )

Un coupe de détective enquête sur un meurtre dans une grande maison.

Ce blog témoigne de ma large affection pour Pascal Thomas mais, à ce degré de coupure avec la réalité, ce n’est plus possible. La photo est jolie mais dialogues, direction artistique, actions (ce consternant gag de la bretelle coincé dans la bouche d’aération) et récit sonnent complètement faux à force d’être surannés.

La dilettante (Pascal Thomas, 1998)

Après avoir plaqué son dernier mari, une femme débarque à Paris et retrouve ses deux enfants…

Où Pascal Thomas et Jacques Lourcelles ont-ils voulu en venir? Ce portrait féminin manque d’unité. La faute en incombe d’abord à la construction narrative: plusieurs séquences sont redondantes (l’héroïne qui annonce à trois personne différentes qu’elle est amoureuse d’un prêtre) tandis que certaines ellipses apparaissent comme des facilités (les collégiens qui nettoient leur bahut dans la joie et la bonne humeur). Le temps d’un flash-back inattendu ou d’une crise de nerfs dans un parloir, on discerne bien les déséquilibres induits par une existence de « dilettante » mais le traitement du drame, notamment la relation avec la fille, demeure aussi superficiel que le personnage.

Pourtant, en dépit de ces lacunes, La dilettante est un des derniers vrais bons films de Pascal Thomas. Il y a d’abord cette qualité de regard propre à l’auteur des Zozos. Aussi à l’aise à Pantin qu’à Neuilly, il filme la France de son époque sans vouloir-dire sociologique mais avec un décalage léger et douillet (pour ne pas dire doucereux). Après Les zozos mais avant Le grand appartement, la distance entre patrie rêvée et patrie réelle reste supportable et stylisation n’est pas encore mise sous cloche. Dialogues ciselés, loin de tout naturalisme, et comédiens typés (merci d’avoir été dégoter Odette Laure!) participent de cette tendre ironie. Enfin, l’accord entre Catherine Frot et son personnage relève du miracle. C’est la raison principale pour laquelle La dilettante demeure un film à voir.

Psy (Philippe de Broca, 1981)

Un psychologue à la noix voit ses thérapies de groupe dans le château de sa riche fiancée perturbées par son ex en cavale.

Une communauté loufoque aux moeurs étranges dérangée dans son château par des malfrats qui viennent de commettre un hold-up, cela rappelle fortement Le diable par la queue, précédent film et parfaite réussite de Philippe de Broca. De fait, Psy est une sorte de pendant négatif du joyeux chef d’oeuvre de 1969. Douze ans se sont écoulés et le regard porté par notre cher vieux royaliste sur les utopies post-soixante huitardes est franchement (et logiquement) désabusé. C’est sûrement le film où de Broca est le moins tendre envers ses personnages. Il y a des accents carrément sinistres dans ce film, un arrière-goût bizarrement aigre. La photo est beaucoup plus terne qu’à l’habitude chez le cinéaste et c’est peu dire qu’on perd au change en troquant Georges Delerue contre Mort Shuman.

Le film est désordonné, loin du parfait équilibre de son glorieux prédécesseur. C’est comme s’il y avait deux films en un: la satire des idées libertaires d’un côté et l’histoire du couple qui bat de l’aile accueillant les malfrats de l’autre. Si ce n’est certes pas son plus grand rôle, c’est toujours un plaisir de voir Patrick Dewaere dans une comédie, il y quelques situations vraiment drôles, quelques piques faciles mais marrantes contre la psychanalyse, des seconds rôles bien campés mais la sauce ne prend pas tout à fait car aucune unité, aucune ligne de force n’est jamais trouvée.