The love of three queens (Edgar G. Ulmer et Marc Allégret, 1953)

Trois histoires de reines malheureuses en amour vues par une troupe de théâtre.

Le côté théâtral n’est là que pour lier trois sketches et n’est pas du tout exploité. The love of three queens est une production Hedy Lamarr qui vise donc à mettre en valeur Hedy Lamarr à une époque où la carrière de la star, presque quadragénaire, était sur le déclin. Elle n’est plus aussi resplendissante qu’à l’époque du Démon de la chair mais le Technicolor a le mérite de mettre en valeur le bleu de ses yeux. Le premier sketch, sur une reine injustement répudiée, est le meilleur. Si sa fin est convenue, le début est d’une pureté mizoguchienne. Le deuxième sketch sur Joséphine avec Gérard Oury en Napoléon est ridicule (Allégret en est probablement responsable) et le dernier, qui condense la guerre de Troie en une demi-heure, est désolant de platitude.

La rue de la mort (Side street, Anthony Mann, 1950)

A New-York, un modeste coursier dont la femme est sur le point d’accoucher dérobe de l’argent à son patron. La somme est cent fois plus importante qu’il ne l’avait prévu…

Comme la plupart des films noirs d’Anthony Mann, La rue de la mort commence par une excellente introduction simili-documentaire. Il montre ensuite le parcours d’un homme tout à fait banal (cette banalité est appuyée par la voix-off) entraîné dans une sale histoire. Malheureusement, un scénario tarabiscoté fait que le drame du personnage ne s’avère pas aussi intense qu’il aurait pu l’être. Plutôt que de développer ses rapports avec sa femme et avec la police, les auteurs ont inventé une histoire téléphonée de tueur en série homosexuel. L’ambigüité morale est donc rapidement levée et, malgré son forfait, notre protagoniste principal se retrouve rapidement dans une position de victime. Dommage. Reste la science du cadrage de Mann et quelques éclats dans la mise en scène tel une jolie course-poursuite finale dans les rues de Manhattan même si rien ici n’égale la force brutale de l’exécution à la moissonneuse-batteuse dans Incident de frontière.