Deep waters (Henry King, 1948)

Dans le Maine, un orphelin pris en charge par l’assistance publique se lie avec un pêcheur de homards…

L’ancrage dans une communauté de pêcheurs peinte avec précision et empathie par Henry King ainsi que de très bons comédiens en tête desquels le jeune Dean Stockwell donnent de la consistance à ce récit convenu voire simpliste d’enfant fugueur.

L’aigle des frontières (Frontier marshall, Allan Dwan, 1939)

L’histoire de Wyatt Earp à Tombstone.

C’est en quelque sorte le « premake » de My darling Clementine vu qu’il a été réalisé par le même studio, la Fox de Zanuck. Moins digressif que le classique de Ford, Frontier marshall est d’une épure toute tragique: les affrontements avec les méchants sont subordonnés à l’évolution des sentiments des quatre personnages principaux que sont Wyatt Earp, Doc Holliday, la fiancée officielle et la fille de bordel. Par rapport à Ford, Dwan se focalise plus sur l’amitié entre les deux hommes. Il le fait à sa manière simple et d’une beauté primitive, manière qui anticipe celle du sublime Tennessee’s partner qu’il tournera à la RKO une quinzaine d’années plus tard. Le film avance par scènes. Son rythme est tranquille. La dimension morale (établissement du law and order) et la tragédie intime (la rédemption de doc Holliday) sont merveilleusement fusionnées dans un récit déroulé avec une netteté admirable. La mise en scène est d’un parfait classicisme, les images ne mentent pas, il n’y a pas de second degré, pas de différents niveaux de lecture. C’est Allan Dwan, c’est l’enfance du cinéma.