La croix du sud (André Hugon, 1931)

Une jeune fille partie avec son père anthropologue dans le Sahara est enlevée par des pillards du désert…

La croix du sud est un film assez typique de André Hugon dans la mesure où l’ambition est aussi visible que mal concrétisée. C’est un mélange de film d’aventures et de documentaire. Quoique essentiellement folklorique (mais respectueux), l’aspect « documentaire » demeure le plus intéressant notamment grâce à une utilisation originale du commentaire textuel, hérité du cinéma muet, sur les images de la fiction. Un découpage pour le moins incertain nuit à l’intensité dramatique recherchée par ailleurs mais il y a quelques plans pas mal.

Le roi de Camargue (André Hugon, 1922)

En Camargue, un guardian protège sa fiancée contre une bohémienne qui veut se venger parce qu’elle lui a refusé de l’huile d’olive.

Adaptant le poète méridional Jean Aicart, André Hugon a réalisé un très bon film grâce à son sens du décor naturel. La large place accordée à la sansouïre désertique où évoluent des troupeaux guidés par des hommes à cheval donne au Roi de Camargue des allures de western. La mièvrerie de certains traits est estompée par le réalisme documentaire des nombreuses scènes folkloriques et par l’épatante dernière partie où la violence extraordinairement réaliste et brutale d’une bagarre dans la lagune succède au tragique d’un enlisement dont la poésie visuelle évoque immanquablement La nuit du chasseur.