Tranches de vie (François Leterrier, 1985)

Film à sketches tendance réac écrit par Lauzier.

A part le sketch avec Martin Lamotte en bigame écartelé entre Anémone et Marie-Anne Chazel, c’est très mauvais. Tellement moche et paresseux dans l’écriture que le spectateur peut légitimement se sentir méprisé.

Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré, 1989)

A l’occasion du concert de leur chanteuse devenue une vedette, d’anciens membres d’un groupe de rock se retrouvent dans la maison de campagne de l’un d’eux.

Ce film nostalgique est l’occasion pour Jean-Marie Poiré de romancer sa jeunesse avec les Frenchies et Chrissie Hynde. Les flashbacks gentiment satiriques, propulsés par une voix-off très bien écrite, constituent le meilleur du film. La scène maoïste est particulièrement savoureuse. De Christian Clavier à Jean-Pierre Darroussin, les acteurs sont excellents. Cependant, en terme de mise en scène, l’ample prédominance des gros plans par rapport aux plans d’ensemble interroge. En découpant à la hache, Jean-Marie Poiré échoue à faire ressentir l’intimité des lieux, ce qui est, depuis La règle du jeu, un des grands plaisirs dispensés par les films français se déroulant dans une maison de campagne. Au rayon des bizarreries formelles, on note aussi le dernier mouvement d’appareil dont l’ostentation est contre-productive. C’est dommage car une mise en scène plus rigoureuse et plus attentive au cadre aurait peut-être introduit le naturel qui manque à un scénario s’avérant plutôt convenu et ne faisant jamais sortir les personnages de leur petites cases sociologiques. Mes meilleurs copains est donc un film amusant mais qui n’a pas la profondeur des grands films de potes tel Nous nous sommes tant aimésNous irons tous au Paradis ou Vincent, François, Paul et les autres.

Je vais craquer (François Leterrier, 1980)

Un cadre père de famille retrouve un copain d’adolescence devenu acteur et vit une crise existentielle.

Adaptation d’une bande dessinée de Gérard Lauzier amusante mais superficielle du fait d’une mise en scène qui ne fait guère plus qu’illustrer le texte. Il en résulte que les personnages se réduisent à leurs caricatures (exemple: l’amoureuse foldingue jouée par Anémone). Les illusions hédonistes du petit-bourgeois sont joliment brocardées mais la portée de la satire s’étrique au fur et à mesure que le film se concentre sur l’itinéraire, attendu, du héros. Bref, Je vais craquer aurait pu être une grande comédie subversive, c’est simplement un plaisant divertissement. C’est déjà pas mal.