Nymphomaniac I & II (Lars Von Trier, 2013)

Une nymphomane raconte sa vie à un vieux professeur.

Le large étalage de références culturelles, les coquetteries formelles d’un goût douteux et les très faciles séquences-chocs témoignent d’une roublardise certaine mais force est de constater que la construction épisodique est assez prenante, d’un romanesque à la Diderot. Certains segments -la visite de la mère trompée, la relation avec la jeune basketteuse, l’interrogatoire de Jean-Marc Barr- sont même brillants et concrétisent l’ambition de leur auteur de « montrer la vérité sans fard », au-delà de ses provocations de petit malin. L’ironie perpétuelle, traduite par des plans grotesques, montre que l’auteur n’est pas dupe de son salmigondis intello-porno mais cette ironie est aussi ce qui empêche l’oeuvre d’acquérir la profondeur à laquelle, traitant de thèmes majuscules pendant plus de cinq heures, elle aurait pu et du prétendre. Tout ça paraît finalement assez vain.

Pump up the volume (Allan Moyle, 1990)

Dans une ville américaine paumée, les discours du mystérieux animateur d’une radio pirate agitent la communauté lycéenne.

C’est un film intéressant. Derrière le « teen-movie », il y a une critique intelligente des valeurs WASP, le DJ étant une sorte de refoulé de l’Amérique profonde. Il est simplement dommage que son histoire individuelle, prometteuse, ne soit pas plus développée; ce qui réduit l’individu réduit à un symbole (c’est un peu le problème de la comédie pour ado des années 80, à commencer par Breakfast club). Pump up the volume demeure un film sympathique, avec jolie jeune fille et BO branchée, mais on peut regretter que la dramaturgie, certes habile, soit essentiellement subordonnée au propos politique.