L’Écrin de l’ombre (The shadow box, Paul Newman, 1980)

Dans une clinique, trois personnes condamnées, rejointes par leurs familles, acceptent de répondre à des questions devant une caméra.

L’humilité de la mise en scène de Paul Newman efface l’origine théâtrale de son script pour atteindre à une vérité universelle sur la mort, la vie, la famille, l’amour…Ce qui aurait pu n’être qu’un exercice abstrait de dramaturge sur des thèmes majuscules se révèle vibrant de justesse et de sensibilité grâce, notamment, à des acteurs parfaits et à un ton qui, tantôt drôle, tantôt sentimental, tantôt amer, tantôt allègre (la danse improvisée), n’est jamais plombant malgré l’extrême gravité du sujet: c’est le récit d’un consentement (à l’inéluctable) qui nous est narré.

L’argent de la banque (The silent partner, Daryl Duke, 1978)

Note dédiée à Pascal

Un employé de banque qui détournait des fonds se fait harceler par un braqueur s’estimant lésé…

Un astucieux polar canadien dont la variété de tons surprend. La narration qui avance par méandres autour d’un personnage ambivalent préfigure les films de Robert Duvall. Ce détachement nimbé de discrète empathie, auquel s’accorde idéalement la présence nonchalante de Elliot Gould, n’empêche pas certaines séquences, telle celle quasi-horrifique du premier coup de fil, d’être dramatiquement très intenses. Des déficiences occasionnelles de la mise en scène, tel le découpage ne restituant pas les enjeux des regards dans la séquence où la fille jouée par la sublime Céline Gomez se fait assassiner, n’empêchent pas The silent partner de s’avérer un des polars les plus attachants de sa décennie.