Le début (Gleb Panfilov, 1970)

Une jeune provinciale se découvre une vocation d’actrice lorsqu’elle est choisie par un cinéaste pour jouer Jeanne d’Arc.

La laideur de Inna Tchourikova est difficile à surmonter. La mise en parallèle du « film dans le film » sur Jeanne d’Arc avec les pérégrinations sentimentalo-professionnelle de cette jeune Russe n’engendre rien d’intéressant.

Naissance du cinéma (Roger Leenhardt, 1946)

Depuis la lanterne magique inventée au XVIIème siècle jusqu’au 28 décembre 1895, Roger Leenhardt retrace l’histoire de l’invention du cinéma.

Naissance du cinéma est d’abord un chef d’oeuvre de cinéma didactique car, au-delà de la présentation anecdotique des différents appareils ayant précédé le cinématographe, Roger Leenhardt rend sensible la progression intellectuelle et technique qui a présidé à l’invention des frères Lumière. Mélangeant avec brio images de « pré-films », animations pédagogiques et séquences reconstituées qu’il accompagne avec une voix-off parfaitement écrite, il émeut en quelques minutes lorsqu’il évoque le destin de Emile Reynaud et il donne à la naissance du cinéma des allures de grande conquête humaniste. En cela, il fait de cette commande du CNC un film d’auteur.

Travelling avant (Jean-Charles Tacchella, 1987)

En 1948, deux cinéphiles parisiens rêvent de rentrer dans le milieu du cinéma.

Reconstitution de l’âge d’or de la cinéphilie française qui sonne d’autant plus juste qu’elle prend en compte la face sombre de son sujet: la mélancolie, l’inaptitude à vivre, qui conduit le héros à une quasi-clochardisation. Ainsi, Thierry Frémont, une révélation, est durement émouvant. Ann-Gisel Glass est très bien en jeune fille endeuillée. Malgré quelques raccourcis scénaristiques (comment deux filles peuvent-elles s’enticher de pareil tocard?), des dialogues trop signifiants et une utilisation de la musique parfois contre-productive, Travelling avant est un joli film.

 

Dernier Amour (Léonce Perret, 1916)

Une actrice vieillissante s’entiche d’un jeune réalisateur de cinéma venu tourner dans sa villa.

Le récit a beau pécher par schématisme suranné, les relents incestueux d’une telle relation sont retranscrits avec une certaine justesse notamment dans la scène où Valentine Petit, impeccable dans ce rôle, prépare des crêpes pour son jeune amant. Au sein d’une mise en scène dont la facture souvent théâtrale dénote une régression par rapport aux formidables Mystère des roches de KadorEnfant de Paris et autres Roman d’un mousse (sans que ce primitivisme ne porte forcément préjudice à un canevas qui n’appelait pas la plus grande des virtuosités…), quelques idées cinématographiques se distinguent au premier rang desquelles le panoramique à 360° sur les différents plateaux de la Gaumont s’achevant sur la fiancée abandonnée; en revanche, le symbolisme floral est un peu lourdingue.

Trois valses (Ludwig Berger, 1938)

Note dédiée à Tom Peeping

Trois générations de comédiennes tombent amoureuses de trois générations de nobles.

Le concept de ce véhicule du couple Yvonne Printemps/Pierre Fresnay est pour le moins fumeux mais un charme superficiel émane des chansons et du découpage dont la saillante mobilité est, dans les deux premiers sketchs, digne de Max Ophuls. Le dernier segment, qui joue la carte du cinéma dans le cinéma, est plus laborieux.

Le gaucho (Dino Risi, 1964)

Un attaché de presse et des actrices vont en Argentine pour défendre l’Italie dans un festival de cinéma. Là, ils rencontrent un immigré qui a fait fortune dans la viande de boeuf.

Partis en Argentine, Ettore Scola et Dino Risi n’ont eu qu’un mois pour écrire le film avant que le tournage ne commence. Cela se ressent tant le récit manque de ligne directrice. Toutefois, si le comique n’est pas aussi brillant qu’il ne le fut avec ces auteurs, plusieurs séquences touchent par leur pudique amertume; c’est le cas de celles avec le personnage de l’ami qui a raté sa vie joué par Nino Manfredi. Ses retrouvailles avec Gassman dans les quartiers populaires et immigrés de Buenos Aires font fortement songer à Nous nous sommes tant aimés, sorti 10 ans plus tard.