Sergil chez les filles (Jacques Daroy, 1952)

A Marseille, l’inspecteur Sergil enquête sur le meurtre de la femme de chambre d’un hôtel de passes.

Quelques prises de vue des rues autour de Notre-Dame de la Garde sont tout ce que l’on peut trouver de vaguement intéressant dans ce bas de panier de la série B franchouille où Daroy se montre certes moins nul que Dally. Même Paul Meurisse est sous-employé.

Le château des amants maudits (Beatrice Cenci, Riccardo Freda, 1956)

L’histoire de Beatrice Cenci

Revue et corrigée par Riccardo Freda, cette sordide affaire de parricide a été transformée en tragédie dans laquelle des jeunes amants sont confrontés au joug d’un père tyrannique et incestueux sans jamais se départir de leur pureté morale. Cette simplification de la grande histoire est celle du dramaturge maître de son art. Les tourtereaux évoluent dans un environnement de pourriture et de mort proche de de celui des Damnés de Visconti.

Le styliste baroque qu’est Freda est ici au plus haut de sa forme. Le Cinémascope est somptueux, les couleurs sont chaudes, la bande originale faite de standards de la musique symphonique. Le metteur en scène nous régale de plusieurs morceaux de bravoure (la course-poursuite nocturne en ouverture, la mort de Francesco, l’exécution finale…) mais la sûreté de son goût irrigue l’ensemble de Beatrice Cenci. Voir par exemple cette séquence d’embuscade nocturne au Colisée qui s’ouvre par un panoramique mettant en valeur le décor monumental avant que la caméra ne se focalise sur l’action. Il est simplement dommage que que la mauvaise post-synchronisation altère gravement la vérité des compositions des excellents acteurs que sont Gino Cervi, Micheline Presle et Claudine Dupuis (par ailleurs fort gironde).