Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets, Robert Hamer, 1949)

Pour hériter d’un titre de noblesse, un homme assassine différents membres de sa famille.

Un très mauvais film. L’intérêt du récit est complètement annihilé par une vision impertubablement cynique qui réduit le personnage à un pantin. Le film est complètement dénué de sentiments, sentiments qui sortiraient Noblesse oblige de ses rails, de son finalement très conformiste anti-conformisme. De plus, l’absence de gags dignes de ce nom alors que le film est censé être une comédie, la mise en scène désespérément statique achèvent de le rendre insupportablement ennuyeux. Reste la performance d’Alec Guinness interprétant huit personnages différents mais ça n’est justement qu’une performance et la différence entre le cinéma et le sport, c’est qu’au cinéma on se fiche éperdument des performances en tant que telles. Partie intégrante d’un ensemble complètement guindé, l’interprétation de Guinness n’apporte pas le semblant de vie qui fait cruellement défaut à Noblesse oblige donc elle n’a finalement aucune importance.

Chaussure à son pied (Hobson’s choice, David Lean, 1954)

« Comédie » anglaise sur la confrontation d’un mauvais père avec ses filles qui veulent se marier. Ce fut en son temps un succès (Ours d’or à Berlin notamment). Aujourd’hui, à regarder ce film dépourvu de la moindre fantaisie, on se demande si ce n’est pas le seul prestige de David Lean et Charles Laughton qui a assuré cette gloire -éphémère. Le film est horriblement statique, les gags absents, Laughton cabotine plus qu’il n’incarne. Peut-être est-ce le fait que le film soit l’adaptation d’une pièce qui anémie le style de Lean qui ne se sert jamais des conventions théâtrales pour dynamiser sa mise en scène (à l’instar d’un Lubitsch ou d’un Guitry) mais reste atrocement sérieux tout au long de son film? Ici, l’artifice du studio, de la dramaturgie, saute aux yeux sans que Lean ne songe une seule seconde à en jouer, à s’en amuser, ce qui serait pourtant pertinent dans une comédie. Il est très difficile de croire que les personnages sont faits de chair et de sang malgré le talent évident des acteurs, tous des cadors du théâtre anglais (John Mills est l’un des rares à s’en sortir). Ils ne semblent exister que par leurs répliques.
Chaussure à son pied ou le faux bon film par excellence, le parangon du pire académisme cinématographique.