Châteaux en Espagne (René Wheeler, 1954)

La secrétaire d’un homme mort dans l’avion pour Madrid s’entiche du frère de ce dernier, torero de son état.

René Wheeler tente un truc en mélangeant romanesque et documentaire mais ça ne fonctionne pas du tout car la mise en scène sans éclat ne restitue aucunement la fougue latente du sujet. Même Danielle Darrieux a l’air de s’ennuyer.

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La Tierra de los toros (Musidora, 1924)

Le rejoneador Antonio Cañero reçoit la visite d’une productrice de cinéma…

A la fin des années 1910, Musidora s’éprend du rejoneador Antonio Cañero. Pour lui, la star quitte Paris et s’en va vivre en Espagne où elle est accueillie comme une reine. Désormais entichée de la tauromachie et de l’Andalousie, elle fait tourner son amant dans plusieurs films à tonalité plus ou moins didactique. La Tierra de los toros est le dernier d’entre eux. Initialement exploité comme préambule d’un spectacle vivant de sa vedette, le film se tient très bien tout seul et apparaît aujourd’hui comme une merveille d’inventivité.

Avant Guitry, Godard et Moretti, Musidora fut peut-être la première à utiliser le cinéma pour réaliser des essais. En effet, après une longue exposition documentaire où la continuité entre le travail d’un gardien de taureaux en hacienda et l’art de toréer en arène est montrée, la cinéaste met en scène sa rencontre avec Cañero dans un savoureux mélange de fantaisie et d’auto-dérision. Le ludisme est poussé jusqu’à l’introduction d’une variabilité du film en fonction du lieu où il est montré: un carton, inséré au moment où l’héroïne annonce son départ à cause de son prochain engagement, a pour contenu le nom de la salle où la projection se déroule. Ici, Musidora se joue des frontières entre la réalité et l’écran avec la même jubilation qu’un Guitry.

En plus de filmer splendidement les paysages andalous (certains plans avec la cavalière à l’horizon évoquent Ford) et les différents animaux sur lesquels règne le maître de la hacienda, Musidora a signé une oeuvre très amusante dans sa modernité même, reflet limpide d’une personnalité pétulante et enthousiaste qui apparaît comme l’opposé de l’icône monotone et surfaite des Vampires.

 

Soleil et ombre (Musidora & Jacques Lasseyne, 1922)

En Andalousie, une servante est follement amoureuse d’un grand torero…

Les rues  andalouses blanches et écrasées par le soleil ainsi que des scènes simili-documentaires de tauromachie n’empêchent pas que ce mélodrame romançant la passion de Musidora pour Antonio Cañero apparaît comme daté et conventionnel.

Bullfighter and the lady (Budd Boetticher, 1951)

Un film qu’on imagine éminemment personnel pour ce fameux aficionado qu’était Budd Boetticher. L’histoire, un triangle amoureux mâtiné d’initiation à la corrida, est très convenue mais le trio d’acteurs (Robert Stack/Joy Page/Gilbert Roland) est convaincant. Boetticher évite trop de pittoresque à deux balles grâce, on le devine, au respect qu’il a de son sujet et à la sobriété de sa mise en scène mais, aussi bien en ce qui concerne le cadre qu’en ce qui concerne la narration, The bullfighter and the lady est loin de ces joyaux d’épure que constitueront ses futurs westerns. Par exemple, la longueur des séquences de corrida plombe le film dans sa version originale telle que récemment restaurée par l’UCLA (plus de deux heures). D’où un film plutôt ennuyeux en définitive.