La danseuse idole (D.W Griffith, 1920)

Sur une île du Sud, une métisse païenne est aimée par le neveu du révérend et par un aventurier athée.

Un des moins bons films de Griffith: la lourdeur embarrassante du message évangéliste, la fausseté condescendante de la représentation où les indigènes sont joués par des blancs barbouillés de noir et la mièvrerie décousue du scénario ne sont nullement transfigurées par une mise en scène statique et convenue.

Comédiennes (The marriage circle, Ernst Lubitsch, 1924)

A Vienne, un homme lassé de son épouse profite de l’infidélité de celle-ci pour s’en débarrasser.

A en croire les historiens du cinéma, Comédiennes serait la première comédie sophistiquée de Lubitsch, alors sous le choc de L’opinion publique de Chaplin. De fait, l’immigré berlinois n’a pas été long à assimiler les leçons du maître londonien. Tout le génie du découpage allusif plus tard vendu sous l’étiquette « Lubitsch touch » est déjà présent dans Comédiennes. Le seul problème lorsqu’on découvre ce film fondamental après les chefs d’oeuvre postérieurs, c’est qu’on ne peut se défendre d’une impression de déjà-vu. Le risque de lassitude est d’autant plus élevé que manque ici la pointe d’émotion qui viendrait enrichir la -très brillante- mécanique du vaudeville (contrairement par exemple à L’éventail de Lady Windermare tourné l’année suivante).