Marines, let’s go (Raoul Walsh, 1961)

Pendant la guerre de Corée, des soldats américains partent en permission au Japon.

Parmi les maîtres classiques hollywoodiens, il n’y a pas que Howard Hawks qui, en fin de carrière, refît paresseusement ses anciens succès. Marines, let’s go est une resucée du Cri de la victoire, en plus comique. Comme l’adaptation de Léon Uris, ce film tire sa beauté du contraste entre ses deux parties: la permission et le combat. L’expérience de la mort donne un prix inestimable à la légèreté paillarde qui l’a précédée. Pour Raoul Walsh, filmer les Marines en Corée n’est pas exalter l’idéologie qui a motivé leur envoi (l’anticommunisme n’est ici qu’un sujet de moquerie) mais donner raison (mille fois) à leur hédonisme. Aussi crétins puissent-ils parfois paraître, le regard de l’auteur sur les bidasses en goguette est plein de sympathie et ne manque pas de tendresse. Un peu comme dans La brune brûlante, le Cinémascope-couleur est l’écrin d’un comique furieux. Sans être à proprement parler géniale, la mise en scène semble couler de source. Le découpage est fluide et le rythme vif. Ainsi, malgré l’inconsistance du scénario, Marines, let’s go se laisse regarder avec intérêt.