Beau travail (Claire Denis, 2000)

A Djibouti, un légionnaire devient jaloux d’une nouvelle recrue.

Le sens et la narration sont réduits à néant au profit d’un pompeux lyrisme de la fascination pour les corps virils et la nature grandiose (le bleu de la mer est un des plus sublimes jamais vus au cinéma): Claire Denis se montre ici digne héritière de Leni Riefenstahl. Un montage ouvertement insensé apporte la griffe arty-moderniste nécessaire à l’adoubement contemporain.

Mona et moi (Patrick Grandperret, 1989)

Le jeune manager d’un groupe amateur a l’occasion d’organiser un concert de Johnny Valentine, légende du rock. Seulement l'(-ex) star est intéressée par la copine de notre héros, caissière de son état…

Mona et moi, c’est le rock&roll dans sa vérité la plus nue. C’est le héros déchu qui continue de fasciner une poignée de prolos (Johnny Thunders dans un rôle qui n’a rien d’un rôle de composition). C’est la came et les embrouilles minables qui vont avec. C’est l’incompréhension d’un père envers son fils (Jean-François Stévenin dont le personnage aurait gagné à être plus développé). C’est la difficulté économique et matérielle d’organiser un concert. C’est la faiblesse du fan qui passe à coté des vrais trucs (ici: sa copine) à cause de ses illusions surannées.