Un homme pas comme les autres (Trouble along the way, Michael Curtiz, 1953)

Pour sauver son université de la faillite, un curé embauche un entraîneur de football américain au passé prestigieux. Celui-ci accepte avec d’autant plus d’empressement que, en plein conflit avec son ex-femme pour la garde de sa fille, il veut montrer sa bonne moralité.

Le comportement de l’épouse, trop diabolisée, manque de cohérence et ce qui y a trait constitue la faiblesse d’un récit particulièrement varié dans ses enjeux dramatiques et mené avec tact et fluidité. La relation entre le personnage de John Wayne et sa fille n’y manque pas de tendresse et surprend au regard de l’image de l’acteur.

They rode west (Phil Karlson, 1954)

Un chirurgien frais émoulu se pointe dans une garnison de cavalerie aux prises avec les Indiens.

Malgré un dénouement un peu facile, l’opposition entre le chirurgien humaniste et l’officier intransigeant est plus subtilement menée qu’il n’y paraît. Ainsi, les désastreuses conséquences des bonnes intentions du héros sont bien montrées. Les ficelles -notamment la schématique caractérisation des personnages- sont quand même trop épaisses pour nous passionner d’autant que les acteurs sont loin d’être sensationnels et que, quoiqu’en disent certains, Phil Karlson n’est pas un metteur en scène très intéressant. Il n’y a qu’à comparer la façon, banale, dont il filme les cohortes de tuniques bleues dans l’Ouest à celle de John Ford pour s’en rendre compte. Bref, bof.

L’inexorable enquête (Scandal sheet, Phil Karlson, 1952)

Un jeune et brillant journaliste enquête sur des meurtres commis par son patron.

A travers un journal à scandales et un bal pour « coeurs solitaires », la première partie offre un aperçu vif et bien senti de ce que la société américaine peut avoir de médiocre. Malgré une ou deux articulations de l’intrigue pas très crédibles, la suite plus directement policière est bien menée, servie qu’elle est par un noir & blanc chiadé, l’excellente interprétation de Broderick Crawford et la sécheresse de Phil Karlson qui n’encombre son découpage d’aucun plan superfétatoire. La violence hasardeuse du premier meurtre est terrible. Peut-être que l’auteur du roman original, Samuel Fuller, en aurait tiré un meilleur film mais en l’état, L’inexorable enquête est un bon film noir.

Coup de fouet en retour (Backlash, John Sturges, 1956)

Un homme enquête sur la mort de son père disparu dans une embuscade apache alors qu’il ramenait un magot avec cinq collègues.

Coup de fouet en retour est un western à l’intrigue dense et oedipienne. Les intentions intellectuallisantes sont donc là mais, malgré un scénario signé Borden Chase qui a écrit entre autres merveilles Les affameurs, Je suis un aventurier et L’appât, le film est loin d’avoir l’évidence et la fluidité des westerns qu’Anthony Mann réalisait pour le même studio à la même époque. La mise en scène de John Sturges est carrée mais dénuée d’inspiration. Une force du cinéma d’Anthony Mann, c’était le génie du cadrage. L’homme était capable d’imposer une situation dramatique en un plan tout en magnifiant ses décors naturels. Ici, on se contente de suivre le déroulement routinier d’un script conventionnel jusque dans son coup de théâtre. Heureusement, l’interprétation expressive de Richard Widmark donne une certaine épaisseur à un héros dont les questionnements et autres dilemmes apparaissent cousus de fil blanc.
Bref, Coup de fouet en retour est un film assez plaisant mais oubliable.

Trois heures pour tuer (Alfred Werker, 1954)

Un homme rescapé d’un lynchage revient en ville. Le shérif lui accorde trois heures pour régler ses comptes.

Un western moyen qui souffre d’un scénario manquant de concision et surchargé de dialogues. La façon de raconter l’histoire du héros -un long flash-back- montre le caractère laborieux de la narration. L’originalité de Trois heures pour tuer au sein du genre tient à son intrigue policière mais la progression de l’enquête se fait à coups de gros raccourcis et c’est regrettable. En dehors de ces défauts, le film reste honnête. Oubliable mais honnête.