L’heure d’été (Olivier Assayas, 2007)

Au décès de leur mère, les petits-neveux d’un artiste à succès s’interrogent sur la succession.

L’histoire de cette famille aurait pu m’intéresser si elle avait été traitée sous un angle plus critique quant à la décadence de la France et la nécessité pour les rejetons de ses grandes familles de s’exiler pour continuer à gagner de l’argent mais ce n’est clairement pas ce qui intéresse Olivier Assayas qui se passionne vraiment pour les objets en tant que tel estimant visiblement que la question d’un bourgeois déjà plein de pognon « dois-je garder mes deux Corot ou dois-je en tirer un gros chèque? » est en soi un dilemme dramatique à même de passionner chaque spectateur. A cause du défaut d’unité narrative et de la complaisance molle de l’auteur, les scènes avec la fille dissipée d’un père veule ne convainquent pas plus. La fluidité du filmage, la rapidité du rythme et le métier des acteurs, en tête desquels Edith Scob, rendent l’oeuvre, si ce n’est profondément intéressante, du moins regardable. Il faut reconnaître à Assayas une qualité: il ne s’appesantit pas.

Le cancre (Paul Vecchiali, 2016)

Tandis que son fils s’est incrusté chez lui, un homme retrouve les femmes qu’il a aimées.

Je ne sais ce qui est le plus embarrassant: le film ou l’enthousiasme laborieusement surjoué de la critique parisienne? Quelques lyriques accords de Roland Vincent: c’est bien tout ce qui peut rappeler la beauté des anciens films de Paul Vecchiali. La quasi-unité de lieu, la théâtralité de l’écriture, la fantaisie arbitraire de dialogues excessivement abondants, la rareté des scènes avec plus de deux personnages, la crudité de la lumière et le statisme des images poussent l’abstraction au-delà des limites du décharné.

Entre ces insignifiantes saynètes parfois prétextes à revoir les idoles de Vecchiali cinéphile, un seul lien: l’évocation obsessive -peu convaincante du fait de la froideur potache de la mise scène- d’un premier amour mélangée à une vague histoire de relation filiale qui souffre également d’un manque d’incarnation. Toutefois, occasionnellement, l’émotion atteint le cinéphile au surgissement de quelque fantôme du passé: ainsi de la scène de danse avec Françoise Arnoul. C’est parce qu’il sait aimer et admirer que je continue d’aimer et admirer Vecchiali. Envers et contre ses derniers films.

La chambre ardente (Julien Duvivier, 1962)

Un vieil aristocrate dont l’héritage était convoité par ses neveux et dont la famille était frappée par une malédiction décède soudainement…

La désolante absence de fantaisie de la mise en scène et plus particulièrement l’académisme de la direction d’acteurs (lesquels semblent essentiellement pressés de réciter leurs répliques) font ressortir l’inanité du script, adapté de J.D Carr. Ennuyeux.