Les loups dans la vallée (The big land, Gordon Douglas, 1957)

Après la guerre de Sécession, un cow-boy Texan aide des fermiers du Kansas à construire une gare pour pouvoir vendre son bétail à d’autres marchands que les rapaces du Missouri.

Malgré des transparences hideuses et une musique parfois pléonastique, Les loups dans la vallée est un très bon western qui témoigne d’autant mieux des vertus du genre qu’il est dénué du génie d’un auteur. Entremêlant avec un admirable naturel relents de la guerre de Sécession, convoyage de bétail, avancée du chemin de fer et histoire d’amitié rédemptrice qui préfigure Rio Bravo, le récit est d’une grande variété dramatique. Toutefois, l’absence de mise d’accent sur l’un ou l’autre de ces aspects fait que le tout demeure un peu superficiel malgré quelques éclats de la mise en scène notables dans les séquences violentes ou tristes. La virilité un tantinet maniérée de Alan Ladd apporte aussi une touche de singularité. C’est un des rôles qui justifient le mieux sa réputation de star du genre.

The amazing Mrs Holliday (Bruce Manning et Jean Renoir, 1943)

Une jeune fille qui a recueilli 8 orphelins en Chine essaye de les faire adopter par la famille du capitaine qui les a ramenés et dont le navire a coulé.

Niaiserie de propagande où, quoique spécule Pascal Mérigeau, il est très difficile de trouver trace du style de Jean Renoir.

711 Ocean Drive (Joseph M.Newman, 1950)

En Californie, un technicien des P.T.T est engagé par une organisation de bookmakers et en devient le chef.

Une réussite du film noir. Lorsqu’il filme l’hubris de son héros, Joseph M.Newman n’a certes pas la profondeur politique d’un Losey ni la puissance tragique d’un Walsh mais il met en scène le scénario qui lui est confié avec goût et concision. L’ancrage technique et documentaire du drame ainsi que la présence de Joanne Dru sont des atouts de taille.

De minuit à l’aube (Gordon Douglas, 1950)

Deux flics qui patrouillent dans la même voiture tombent amoureux de la secrétaire de leur chef.

Between midnight and dawn est un petit film à la gloire d’un corps de la police américaine comme Anthony Mann en a réalisé plusieurs à la même époque. Le talentueux Gordon Douglas n’a certes pas le génie de Mann en ce qui concerne la mise en scène mais on retrouve tout de même la concision, l’efficacité narrative et un côté vaguement documentaire, vertus typiques de la série B américaine d’alors.
L’écriture est schématique et facile quoique foncièrement honnête. Vingt ans avant Les flics ne dorment pas la nuit, la dureté du métier de flic est évoquée d’une façon embryonnaire mais claire. Ainsi, une ou deux scènes dures et fortes, telle celle où le héros éprouvé par la mort de son copain tabasse une chanteuse, frappent l’esprit au sein d’un ensemble plutôt niais.