Nina (A matter of time, Vincente Minnelli, 1976)

Une star du cinéma se souvient de sa jeunesse lorsqu’elle était la femme de chambre d’une vieille comtesse…

Morbide célébration de rêves pour jeune fille d’avant-guerre: princes charmants, bijoux et fêtes somptueuses sont censés représenter l’accomplissement d’une vie féminine. La nature prostitutionnelle du modèle incarné par la comtesse est subrepticement évoquée par un vilain personnage d’écrivain « moderne » mais Vincente Minnelli prend soin de prendre finalement et clairement parti pour le « rêve ». En cela, l’artiste est fidèle à lui-même. Malheureusement la société autour de lui, elle, a changé et de ce fait, la nature frelatée du rêve en question saute aux yeux du spectateur. Ainsi cette fin est-elle ridicule de même que les séquences onirico-musicales, laborieux pastiches des morceaux de bravoure de l’époque MGM. Que ce soit comme chanteuse ou comme comédienne, Liza Minnelli n’a pas le talent de sa maman.

C’est en fait dans son versant décadent que Nina convainc le mieux. Ingrid Bergman vieillie plus que de raison mais toujours impériale, la photo sépia et les décors d’hôtel décati insufflent une tonalité viscontienne au début du film. La naissance de la relation entre l’aristocrate et la femme de chambre peut même donner lieu à une touchante poésie (les cris des oiseaux à la fenêtre de la comtesse). Le problème fondamental de l’oeuvre, un problème d’écriture, est que la suite ne fait que ressasser sur un mode lénifiant les idées amorcées dans cette première partie plutôt que de les faire évoluer dans un récit digne de ce nom.

L’Egyptien (Michael Curtiz, 1954)

Pendant le règne d’Akhénaton, grâces et disgrâces d’un médecin qui a sauvé la vie du Pharaon.

La première partie, transposition d’une intrigue de film noir dans l’Egypte antique, est sans intérêt d’autant que Bella Darvi n’est guère crédible en femme fatale. La suite, qui tourne autour des conséquences politiques de la réforme religieuse d’Akhenaton, aurait pu donner lieu à un film intéressant si son écriture avait été moins soumise au romanesque bon marché typique des superproductions hollywoodiennes. Tout cela manque d’unité dramatique. Un bon point cependant: le filmage de Michael Curtiz n’a rien perdu de sa vivacité avec le Cinémascope.