Mademoiselle de Joncquière (Emmanuel Mouret, 2018)

Au XVIIIème siècle, une femme de venge d’un séducteur en le faisant tomber amoureux d’une prostituée.

Le film inutile et chiant par excellence. Cette nouvelle adaptation de Diderot explicite lourdement ce que Bresson évoquait brillamment et est dénuée de l’humour de la narration de Jacques le fataliste. Edouard Baer manque de la distinction requise pour incarner un marquis (quelle piteuse idée que de ne l’avoir pas rasé et cravaté parce qu’il est libertin) et Cécile de France n’est jamais vraiment crédible dans le rôle principal; seule la belle Laure Calamy, dans un second rôle, et la quasi-muette Alice Isaaz arrivent à se coltiner ce texte quasi-impossible (les dialogues de Cocteau pour Les dames du bois de Boulogne étaient bien plus cinégéniques). La joliesse clichetonneuse des images et une bande originale en forme de compilation de musique baroque sont représentatifs d’une esthétique dont le principe essentiel semble être la connivence avec la bourgeoisie culturelle.