L’argent de Judas (Victor Sjöström, 1915)

Pour payer les médicaments de sa femme malade, un homme va braconner avec le fusil d’un ami avant de dénoncer cet ami coupable d’homicide involontaire en espérant toucher l’argent de la prime.

L’appréhension de l’espace forestier et de l’action s’y déroulant est assez archaïque mais le drame moral est intéressant car traité sans manichéisme (on peut simplement regretter la facilité qui consiste à faire mourir l’épouse une fois l’argent récupéré car alors le dilemme du personnage est considérablement simplifié). La puissance « depardiesque » de Egil Eide donne une force animale et pathétique aux scènes où il tente de fuir la police, les images sont composées avec soin (Sjöström aime le surcadrage) et les éclairages aussi savants que dans Forfaiture montrent avec éclat que l’écriture de l’Histoire du cinéma est fonction de la distribution des oeuvres dans les grandes capitales occidentales.

Les ailes (Mauritz Stiller, 1916)

Un vieux sculpteur prend pour modèle un beau jeune homme…

C’est la première adaptation du roman de  Herman Bangs Michael avant le beau film réalisé huit ans plus tard par Dreyer. La technique encore un peu primitive et le jeu pas toujours subtil des comédiens font que la mise en scène garde de fâcheux accents théâtraux. A noter un début et une fin « méta-cinématographiques » qui introduisent une sympathique ironie.