L’or du Nil/Le trésor des pharaons/L’or des pharaons/La vallée des pharaons/Le masque de Toutankhamon (Marco de Gastyne, 1955)

Un archéologue s’en va fouiller la tombe de Sethi Ier.

Beaucoup de titres présumés pour un film jamais présenté à Paris, projeté subrepticement au festival de Venise juste après La strada et qui serait sorti dans le sud de la France trois ans après. En Cinémascope-couleur, le vieux Marco de Gastyne filme admirablement les palais, sanctuaires et pièces d’art de l’Egypte antique ainsi que les villages des rives du Nil. Le commentaire didactique est fort intéressant. Le problème est la dernière partie du film, lorsque -sous la pression des producteurs Hakim?-, il se pique d’introduire un romanesque qui sonne alors effroyablement faux. Dans ce film, Marco de Gastyne révèle aussi la future Dalida qu’il amena à Paris.

L’Egyptien (Michael Curtiz, 1954)

Pendant le règne d’Akhénaton, grâces et disgrâces d’un médecin qui a sauvé la vie du Pharaon.

La première partie, transposition d’une intrigue de film noir dans l’Egypte antique, est sans intérêt d’autant que Bella Darvi n’est guère crédible en femme fatale. La suite, qui tourne autour des conséquences politiques de la réforme religieuse d’Akhenaton, aurait pu donner lieu à un film intéressant si son écriture avait été moins soumise au romanesque bon marché typique des superproductions hollywoodiennes. Tout cela manque d’unité dramatique. Un bon point cependant: le filmage de Michael Curtiz n’a rien perdu de sa vivacité avec le Cinémascope.

La femme du Pharaon (Ernst Lubitsch, 1922)

Un Pharaon et son architecte sont amoureux de la même femme, une servante grecque échappée de Numidie.

Avant-dernier film que Lubitsch tourna en Allemagne avant son départ pour Hollywood, La femme du Pharaon est une imposante superproduction où le réalisateur berlinois se montre aussi à l’aise qu’un Cecil B. DeMille lorsqu’il s’agit de gérer des milliers de figurants. Les décors égyptiens sont magnifiques et bien mis en valeur par les cadrages géométriquement composés. Les personnages sont intéressants car il n’y a pas vraiment de gentil ni de méchant, simplement trois individus pris dans un noeud tragique. Leur intrigue rappelle celle du Tombeau hindou de Fritz Lang. La mise en scène est bien plus sophistiquée que celle des films historiques précédents de Lubitsch, qui étaient d’ennuyeux pensums. Le film est dans l’ensemble d’une remarquable beauté plastique. La femme du Pharaon est simplement plombé par le jeu terriblement outrancier des acteurs ainsi que par un dernier acte façon « retour de la vengeance » quelque peu superflu.