La traite des blanches (Luigi Comencini, 1952)

Dans un village italien pauvre, des jeunes femmes s’engagent dans un marathon de danse pour payer un avocat à leur mari arrêté suite à un cambriolage.

La photographie, très influencée par le film noir américain, est soignée et réussie mais le récit, partant un peu dans tous les sens, manque de concision et de densité. La pertinence du réquisitoire social est également amoindrie par la convention des situations.

Volets clos (Luigi Comencini, 1951)

Suite à un appel au secours, une femme part à la recherche de sa soeur tombée dans la prostitution.

Le manque de concision du scénario rend certains passages ennuyeux mais la délicatesse de Comencini ainsi que l’ambiguïté inattendue du comportement de la soeur apportent une appréciable singularité au mélo. A posteriori, il est facile de déceler dans chacune des scènes avec des enfants la touche du futur réalisateur de L’incompris. Ainsi de cette brève séquence où une prostituée et son ami font sauter le fils de celle-ci à travers les marches de l’escalier qu’ils descendent. C’est une pure idée de mise en scène qui n’a rien d’anodin mais qui en l’espace de cinq secondes insuffle une incommensurable charge de tendresse au plan. Tout Comencini est déjà là.

L’affaire Maurizius (Julien Duvivier, 1954)

Le jeune fils d’un procureur renommé entreprend d’enquêter sur l’affaire qui établi la réputation de son père dix-huit ans auparavant.

Un film complètement asservi à une intrigue parfaitement inintéressante.
L’intrigue d’abord: une histoire de notable pourri (encore une) racontée sous forme d’enquête policière avec moult flashbacks.  Malgré une construction alambiquée, c’est prévisible de bout en bout car les réactions des personnages ne dévient jamais des poncifs ayant procédé à leur création. Ce ne sont pas des personnages, ce sont des clichés sur pattes. Par exemple, le fils du procureur n’agit jamais autrement que par (ce que les auteurs se figurent être l’) idéalisme juvénile. Toute la dramaturgie repose sur une question (Maurizius est-il coupable ou non?) qui, en elle-même, n’a strictement aucune intérêt. Dans les bons films, ce genre de question est un prétexte et non une fin en soi.

Ici, il serait inexact de dire qu’elle n’est qu’une fin en soi puisqu’elle véhicule une critique (hyper-convenue) des apparences sociales mais Julien Duvivier prend cette enquête policière terriblement au sérieux. Il surligne chaque virgule d’un scénario déjà fort redondant et chasse soigneusement tout mystère, toute incertitude qui viendrait introduire un peu de vie dans la narration. En témoigne par exemple le surjeu des théâtreux (Jacques Chabassol, Denis d’Inès) composant une partie de la distribution. Cela sonne faux parce que complètement déconnecté de toute réalité.

Bref, la mise en scène complètement verrouillée ne renferme qu’un drame conventionnel et poussiéreux. L’affaire Maurizius est un film nul car écrasé sous le poids des intentions d’une bande d’auteurs paresseux qui ont substitué les conventions les plus éculées à l’examen attentif du réel.