Folie Folie (Movie Movie, Stanley Donen, 1978)

Deux films en un se passant dans les années 30: l’histoire d’un étudiant qui devient boxeur pour payer l’opération de sa soeur puis celle d’un producteur de comédies musicales qui entreprend son dernier spectacle. On aura reconnu deux schémas typiques du cinéma américain des années 30. Il est navrant de voir Stanley Donen, cinéaste parmi les plus novateurs de l’âge d’or hollywoodien, se complaire, au soir de sa carrière, dans ce stérile passéisme. Les conventions narratives de l’époque, vidées de toute substance et supposées se suffire à elles-mêmes grâce à une hypothétique connivence avec un spectateur « malin », ne fonctionnent pas malgré l’indéniable car très voyante virtuosité du réalisateur. Des ellipses faciles et le surjeu de certains seconds rôles (George C. Scott est, lui, parfait) achèvent d’anéantir les enjeux dramatiques. Movie Movie en dit bien plus sur l’idée, réductrice au possible, que le Hollywood des années 70 se faisait de son glorieux passé que sur ce glorieux passé.

The lineup (Don Siegel, 1958)

Un petit polar urbain sec et violent. La gestion des deux intrigues parallèles (enquête policière/trafiquants en quête d’un magot) n’est pas toujours convaincante, les séquences avec les gangsters semblant plus inspirer Siegel (chaque meurtre est mis en scène de façon originale) que l’enquête assez banale. Le film est dur, pas d’oripeaux psychologiques pour atténuer la méchanceté des criminels. Droit au but, dussent-ils torturer femme et enfant pour y arriver. Eli Wallach compose une des figures les plus mémorables du genre, se révélant de plus en plus monstrueux à mesure que le film avance et que les circonstances révèlent son absence de scrupule. A noter une course-poursuite finale parmi les plus haletantes jamais tournées, dans les rues de San Francisco, déjà.