Les vampires (Riccardo Freda, 1956)

Un journaliste et un policier enquête sur des meurtres de jeunes gens à Paris…

Les somptueux décors de Beni Montresor aussi bien que la photo et les trucages ingénieux de Mario Bava alimentent une fascinante atmosphère gothique. Réinventant le genre du film d’horreur délaissé depuis une bonne dizaines d’années, Riccardo Freda ne lésine pas sur les gargouilles, les rideaux qui frémissent et les couvercles de pianos qui tombent. Ce bric-à-bric morbide est l’écrin d’un récit tragique: celui d’une femme que son refus de vieillir conduit à un flirt de plus en plus rapproché avec la Mort. La sublime Gianna Maria Canale prête ses traits hiératiques et mélancoliques à cette héroïne. Il est dommage que le reste de la distribution ne soit pas à la hauteur et que le scénario n’exploite guère le potentiel dramatique de la relation entre le journaliste et la criminelle éperdument amoureuse de ce dernier. Bref, Les vampires est un beau film où l’inventivité et le raffinement plastiques (d’autant plus admirables que le budget fut minuscule) compensent la faiblesse de la dramaturgie. Il est en ceci typique de Freda.

 

Bedlam (Mark Robson, 1946)

Au XVIIIème siècle, une jeune femme est enfermée dans le terrifiant asile de Bedlam après s’être fâchée avec son directeur…

Quelques judicieuses idées de mise en scène (l’emmurement, les plans dans le couloir obscur qui sont tout à fait dans la tradition de Val Lewton…) agrémentent heureusement un film qui contient trop de scènes de parlotte, assez médiocrement interprété et dont la caractérisation des personnages manque de nuances.

Le grand inquisiteur (Witchfinder General, Michael Reeves, 1968)

Pendant la première révolution anglaise, les pérégrinations du sinistre Matthew Hopkins, chasseur de sorcières de son état.

Comme souvent dans les films de ce genre, il y a une certaine complaisance dans les effets sanguinolents. La mise en scène est inégale mais le jeune réalisateur fait montre à plusieurs reprise de son aptitude à retranscrire la beauté de la nature. Ainsi, quelques magnifiques plans de la campagne anglaise restent-ils en mémoire, en raison notamment de leur lumière si particulière, un peu floue. De plus, la noirceur inattendue de la fin apporte un peu de profondeur à un récit par ailleurs superficiel (le passionnant contexte politique n’est guère exploité dans la dramaturgie) et excessivement manichéen (les méchants sont vraiment très très méchants). A voir si on est client du genre « épouvante ».

Une hache pour la lune de miel (Mario Bava, 1970)

Un jeune couturier poignarde des femmes pour affronter un traumatisme d’enfance.

Le soin apporté à la plastique de l’image et l’utilisation d’artifices de montage habituellement associés à l’avant-garde ne sauraient rehausser l’intérêt d’un récit tout à fait inepte. « Tout ça pour ça? » a t-on envie de dire à la fin du film.