Train, amour et crustacés (It happened to Jane, 1959)

Dans une petite ville du Maine, une vendeuse de homards attaque une puissante compagnie ferroviaire après un retard de train qui a entraîné l’échec d’une livraison.

Plus que jamais, Richard Quine imite Frank Capra. La mise en scène n’a plus le dynamisme saillant de Une Cadillac en or massif. Le beau Technicolor met bien en valeur la campagne verdoyante mais la caméra a perdu en vivacité. Mêlant comédie romantique, démagogie américaine (la fin consensuelle ôte toute illusion sur la profondeur de la satire) et légère mélancolie (le titre français est parfait), le récit n’est pas toujours articulé avec vraisemblance. L’inévitable moment d’euphorie collective, de même que le discours façon Mr Smith au sénat, paraissent forcés. De plus, Doris Day n’a pas l’entrain comique de Judy Holliday mais heureusement, il y a Jack Lemmon et Ernie Kovacs. Bref, ça reste plaisant pour peu qu’on soit client du genre (et qui n’est pas client de la comédie américaine?) mais c’est loin d’être un chef d’oeuvre.

Le bal des cinglés (Operation Mad ball, Richard Quine, 1957)


Des soldats d’une garnison américaine en France tentent d’organiser une fête chez l’habitant…
Avec son brio habituel, Richard Quine nous montre que lorsqu’il est américain, le comique troupier n’est pas vulgaire. Sa mise en scène est élégante, les beaux cadrages en noir et blanc respirent l’assurance d’un réalisateur émérite. Jack Lemmon est égal à lui-même, c’est à dire irrésistible. La lutte des classes vue sous l’angle de l’affrontement entre officiers et bidasses pour monopoliser les infirmières à leurs soirées respectives ne manque pas de piquant. Au final, une inconséquente mais très sympathique comédie.