L’envers du Paradis (Edmond T.Greville, 1953)

Dans un village provençal, une jeune fille apprenant qu’elle est condamnée par la maladie décide de s’adonner à sa passion pour un écrivain en ménage.

Le laborieux ridicule du scénario n’a d’égal que la morne platitude de la mise en scène.

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Les fruits de l’été (Raymond Bernard, 1955)

Pour ne pas entraver la carrière de son haut-fonctionnaire de mari dont elle est séparée depuis 10 ans, une mère laxiste entreprend de recadrer sa fille de 18 ans, complètement débauchée.

Derrière ses allures, racoleuses et moralisatrices, de « film français des années 50 sur les jeunes filles », Les fruits de l’été s’avère un vrai bon film grâce à l’équilibre entre les tons que parvient à maintenir Raymond Bernard: la loufoquerie de Jeanne Fusier-Gir et le ludisme lubitschien du passage en Allemagne n’entravent pas la prise au sérieux d’un récit tordu et soigné qui fait son miel de la vanité masculine comme de la rouerie féminine. Edwige Feuillère est d’une classe resplendissante.

Escalier de service (Carlo Rim, 1954)

Une bonne à tout faire raconte ses différents emplois à une bande de squatteurs chez qui elle s’est réfugiée après avoir perdu ses certificats.

Film à sketches pas si mauvais que ça. L’interprétation façon « chien battu » de Etchika Choureau et le récit médiocre qui fait le lien entre les sketches marquent la désuétude du film. En revanche, la plupart des segments (le dernier est moins bien), quoique partant de postulats conventionnels, sont mis en scène avec une finesse et une absence de caricature tout à fait remarquables. Ainsi, rarement le désir sexuel au sein du couple marié aura, dans le cinéma français des années 50, été évoqué avec plus d’élégance et de tendresse que dans le sketch avec Jean Richard.