Les beaux jours (Marion Vernoux, 2013)

Une jeune retraitée déprimée par la mort de sa meilleure amie s’inscrit dans un centre d’animations pour le 3ème âge.

Certes, une « certaine justesse » due notamment à la qualité des comédiens ainsi que des thèmes très actuels dans lesquels il est probable que la majorité des spectateurs se retrouve empêchent Les beaux jours d’être absolument inintéressant. Il n’empêche: son indigence esthétique (la musique est particulièrement nulle), ses ressorts narratifs qu’on croirait tirés d’un courrier du coeur de magazine féminin et sa grisaille auto-entretenue en font un concentré presque caricatural de tout ce qui vaut au cinéma français contemporain sa réputation sinistre.

La famille (Ettore Scola, 1987)

La chronique d’une famille bourgeoise italienne sur l’ensemble du XXème siècle…Ici, la grande histoire est moins importante que dans Nous nous sommes tant aimés ou La terrasse. La chronique s’étalant sur quatre-vingts ans, chaque évènement politique n’est pas regardé en profondeur et certains sont carrément éludés (les années de plomb). Ici, Scola s’intéresse d’abord aux sentiments de ses personnages, notamment ceux du patriarche joué par Vittorio Gassman. L’ampleur du récit permet de nous faire partager pleinement ses regrets et ses accomplissements sur le plan affectif.
L’amertume politique de La terrasse laisse place à une nostalgie sereine mais toujours lucide. Il faut voir par exemple les vacheries que s’envoient les personnages à la fin, fin qui aurait pu sombrer dans la guimauve si le film n’était écrit par des maîtres de la comédie à l’italienne (il n’y a pas Age mais il y a Scarpelli au scénario). La distribution est évidemment royale, comprenant nombre de collaborateurs fétiches du cinéaste.
L’abscence de ligne directrice apparente donne à La famille des allures de saga télévisuelle, certains aspects de la mise en scène apparaissent parfois un peu facile (ainsi de la photographie un peu jaunie) mais comment résister à la tranquille virtuosité des narrateurs, comment résister au charme nostalgique des ritournelles d’Armando Trovajoli, comment résister aux jolies Italiennes, comment résister à tout ce qui avait fait le succès d’un certain cinéma transalpin qui brillait alors de ses derniers feux ?