Histoire de trois amours (Gottfried Reinhardt et Vincente Minnelli, 1953)

Trois passagers d’un paquebot se souviennent d’un amour:

  • Un créateur de ballet (James Mason) rencontra une ballerine (Moira Shearer) à qui les médecins avaient interdit de danser.
  • A Rome, une professeur de Français (Leslie Caron) tomba amoureuse de son élève de 11 ans (Ricky Nelson) transformé en homme (Farley Granger) le temps d’une nuit.
  • A Paris, un ancien trapéziste (Kirk Douglas) traumatisé par un accident sauve une jeune fille (Pier Angeli) qui s’était jetée dans la Seine et en fait sa partenaire pour un prochain numéro.

C’est le deuxième segment qui est mis en scène par le grand Vincente Minnelli mais il n’est pas spécialement mieux que les deux autres. Dans l’ensemble, c’est plutôt très bon, à la fois classiquement hollywoodien avec le Technicolor, les stars, les capitales européennes reconstituées en studio et le sens du spectacle (trapèze, danse, fantastique) mais aussi révélateur d’une certaine modernité car chacune des trois intrigues, traitées avec justesse, s’articule autour d’une ou de deux névroses, plus ou moins graves. Le dernier sketch est à ce titre le chef d’oeuvre du spicilège.

La rue de la mort (Side street, Anthony Mann, 1950)

A New-York, un modeste coursier dont la femme est sur le point d’accoucher dérobe de l’argent à son patron. La somme est cent fois plus importante qu’il ne l’avait prévu…

Comme la plupart des films noirs d’Anthony Mann, La rue de la mort commence par une excellente introduction simili-documentaire. Il montre ensuite le parcours d’un homme tout à fait banal (cette banalité est appuyée par la voix-off) entraîné dans une sale histoire. Malheureusement, un scénario tarabiscoté fait que le drame du personnage ne s’avère pas aussi intense qu’il aurait pu l’être. Plutôt que de développer ses rapports avec sa femme et avec la police, les auteurs ont inventé une histoire téléphonée de tueur en série homosexuel. L’ambigüité morale est donc rapidement levée et, malgré son forfait, notre protagoniste principal se retrouve rapidement dans une position de victime. Dommage. Reste la science du cadrage de Mann et quelques éclats dans la mise en scène tel une jolie course-poursuite finale dans les rues de Manhattan même si rien ici n’égale la force brutale de l’exécution à la moissonneuse-batteuse dans Incident de frontière.