Masques de cire (Michael Curtiz, 1933)

Une journaliste enquête sur une série de morts mystérieuses alors qu’un musée de figures de cire est sur le point d’ouvrir…

Histoire à dormir debout qui manque d’unité dramatique mais qui est sertie d’un Technicolor bichrome maronasse tout à fait hideux.

La symphonie nuptiale (Erich Von Stroheim, 1928)

A Vienne, un jeune officier de la garde impériale qui s’est arrangé pour épouser une bourgeoise s’entiche d’une fille du peuple…

Un très grand film qui montre que la cruauté de Stroheim, sa somptueuse mise à néant des oripeaux sociaux, n’est pas complaisance cynique mais va de pair avec une certaine nostalgie romantique. Les scènes d’amour au clair de lune sont très belles et je ne crois pas qu’elles soient essentiellement ironiques. Cette dialectique nourrit le récit et renforce l’amertume finale où il est évident que l’officier jouisseur est le premier désolé par sa combine.

Le dirigeable (Frank Capra, 1931)

Un as de l’aviation part survoler le pôle Sud mais son épouse est lasse de trembler pour son mari vaniteux.

Dirigible est un de ces quelques chefs d’oeuvre méconnus réalisés par Frank Capra à l’orée des années 30 qui stupéfient par l’accomplissement de leur forme et la maturité de leur discours. Ce qui n’aurait pu être qu’un film d’aventures superficiel s’avère une réflexion d’une profondeur inouïe sur le courage et le devoir d’un homme. Le personnage légitimement inquiet de l’épouse introduit un contrechamp dialectique à l’épopée. Son rôle n’est pas décoratif mais modifie en profondeur le déroulement attendu de la fiction et le récit de la conquête du pôle se voit altéré par celui du naufrage d’un couple.

La mise en scène est d’une admirable sobriété, rien n’est appuyé et dans cette situation d’une inextricable complexité, aucun personnage n’est magnifié ni méprisé. Leurs nobles actions le sont d’autant plus que cette noblesse n’est pas soulignée mais simplement montrée voire suggérée. Ainsi, la partie consacrée à la fuite après le crash aérien est d’une beauté inouïe. Ne citons que ce plan où, après l’enterrement d’un camarade dans la glace, un estropié revient sur ses pas et abandonne sa béquille pour faire un semblant de croix sur la tombe de son ami. Le plan reste large, la musique et les paroles absentes, la durée n’excède pas dix secondes. Tout le film est à l’image de cette bouleversante dignité. En trente minutes de vignettes d’une ineffable pureté, Capra réalise ce après quoi Robert Bresson a vainement couru de 1943 à 1984. Grâce à un art consommé du montage et de l’ellipse, il rend sensible la grandeur de l’homme confronté aux caprices de Dieu (ou du Destin) jusqu’à un discret miracle final d’autant plus émouvant que son effet est redoublé par un geste humain absolument sublime.

L’assomeur (Thunderbolt, Josef Von Sternberg, 1929)

Triangle amoureux entre un caïd, un brave garçon et une fille de mauvaise vie.

Il s’agit du premier film parlant de Josef Von Sternberg. Son sens de l’atmosphère visuelle, présent surtout au début du film lors des scènes de bouges, ainsi que la dureté et l’humour noir de Jules Furthman, son scénariste de prédilection, transcendent une intrigue mélodramatique. Dommage que la construction narrative s’avère laborieuse avec une  seconde partie en prison bien longue.