Pasqualino (Lina Wertmüller, 1975)

Un maquereau napolitain prisonnier des nazis prend conscience de l’horreur nazie mais tente de survivre quitte à se compromettre avec les tortionnaires.

Traitant le plus épineux des sujets épineux qu’est l’extermination nazie, Lina Wertmüller n’a nullement renoncé à l’outrance caricaturale de son style, ce qui engendre des scènes proprement hallucinantes telles les longues séquences de massacre de masse dans le camp de concentration avec amples mouvements de caméras, gros plans plans sur des sexes d’hommes morts et chevauchée des Walkyries en fond sonore! Sans jouer au moraliste du cinéma, c’est quelque chose qui m’a personnellement répugné. Comme m’ont répugné la systématique laideur des personnages féminins, laideur exacerbée par la mise en scène qui abuse du gros plan (si possible disgracieux), la lumière pléonastiquement verdâtre dans la confrontation entre le prisonnier et sa geôlière et le générique stupéfiant de crétinerie où des images d’archives des dictateurs sont accompagnées par une chanson italienne ponctuée de gras « oh yeah! ». Néanmoins, je ne suis pas d’accord pour taxer Pasqualino de confusionnisme idéologique car le sens du récit m’a semblé parfaitement clair tant il est dénué de finesse dans son expression: le voyage au bout de l’enfer du minable maquereau occasionne à la fois sa prise de conscience morale et sa salissure irrémédiable, mais nécessaire à sa survie. Ce n’est pas que du nietzschéisme de bazar.

Une bonne planque (Alberto Lattuada, 1972)

Une bonne soeur italienne quitte la Libye lors de l’indépendance de celle-ci et sert dans un hôpital où elle a maille à partir avec un estropié communiste.

Un film assez étrange et inégal. Il y a une certaine beauté dans l’itinéraire de cette femme dont les drames sentimentaux renforcent le dévouement religieux mais le manque de tenue de la mise en scène rend les séquences se déroulant dans l’hôpital (donc une bonne partie du film) assez désagréables quand elles ne sont pas franchement ennuyeuses. Il y a de bonnes idées de cinéma (les réminiscences sont bien orchestrées) mais plus de rigueur dans la forme et dans la conduite du récit n’aurait pas nui à l’oeuvre.