Trois valses (Ludwig Berger, 1938)

Note dédiée à Tom Peeping

Trois générations de comédiennes tombent amoureuses de trois générations de nobles.

Le concept de ce véhicule du couple Yvonne Printemps/Pierre Fresnay est pour le moins fumeux mais un charme superficiel émane des chansons et du découpage dont la saillante mobilité est, dans les deux premiers sketchs, digne de Max Ophuls. Le dernier segment, qui joue la carte du cinéma dans le cinéma, est plus laborieux.

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Moi, la femme (Dino Risi, 1971)

12 sketches où Monica Vitti interprète des Italiennes diverses et variées.

Certains segments, très courts, tiennent plus de la blague Carambar qu’autre chose. Certains sont excellents en cela qu’ils font ressortir, avec une ironie dévastatrice, l’ambiguïté des relations entre les deux sexes. D’autres sont la bête mise en images de clichés machistes (la fille qui appelle ses violeurs) ou antipauvres (la mère de famille nombreuse). Bref, comme la plupart des films à sketches, c’est inégal mais dans l’ensemble, c’est mieux que Le sexe fou. La qualité de la photographie (signée Carlo Di Palma) m’a surpris: elle empêche les scènes dans les terrains vagues de sombrer dans le sordide.

Le plus vieux métier du monde (Claude Autant-Lara, Mauro Bolognini, Philippe de Broca, Franco Indovina, Michael Pfleghar et Jean-Luc Godard, 1967)

A la Préhistoire, dans l’Antiquité romaine, pendant la Révolution française, à la Belle époque, de nos jours et dans le futur, l’histoire de la prostitution vue à travers six sketches.

Ça va du très nul (la Préhistoire selon Franco Indovina) jusqu’au pas mal (la Révolution française par de Broca ou la Belle-époque par Michael Pfleghar) en passant par le bellement improbable (l’anticipation de Jean-Luc Godard dans la droite lignée de Alphaville).

Les complexés (Dino Risi, Franco Rossi et Luigi Filippo D’Amico, 1965)

Trois sketches:

  • Un employé timide tente de séduire une collègue durant une journée de patronage
  • Un notable devient fou lorsqu’il apprend que sa femme a tourné dénudée dans un péplum
  •  Un homme extrêmement brillant mais doté d’une dentition chevaline postule pour présenter le JT

Le premier sketch s’étiole après un début prometteur, le deuxième est trop long et le troisième, avec un grand Alberto Sordi, est le plus drôle et le plus délirant.

Escalier de service (Carlo Rim, 1954)

Une bonne à tout faire raconte ses différents emplois à une bande de squatteurs chez qui elle s’est réfugiée après avoir perdu ses certificats.

Film à sketches pas si mauvais que ça. L’interprétation façon « chien battu » de Etchika Choureau et le récit médiocre qui fait le lien entre les sketches marquent la désuétude du film. En revanche, la plupart des segments (le dernier est moins bien), quoique partant de postulats conventionnels, sont mis en scène avec une finesse et une absence de caricature tout à fait remarquables. Ainsi, rarement le désir sexuel au sein du couple marié aura, dans le cinéma français des années 50, été évoqué avec plus d’élégance et de tendresse que dans le sketch avec Jean Richard.

Le sexe fou (Sessomatto, Dino Risi, 1974)

Plusieurs sketchs sur les perversions sexuelles des Italiens.

Particulièrement inégal. A côté d’un segment miraculeux de finesse où un homme qui tombe amoureux de son frère travesti est filmé sans scabreux mais avec une belle délicatesse, plusieurs sketchs navrent par l’extrême bassesse de leur inspiration. Ainsi de celui dans les bidonvilles qui repose essentiellement sur un comique scatologique. Lorsqu’on voit ce genre de caricature où plus rien ne distingue l’homme (de préférence prolétaire) de l’animal, on a la désagréable impression que le seul salut pour les auteurs de la comédie italienne à la fin de son âge d’or était d’en faire toujours plus dans l’outrance et la vulgarité. C’est le versant Affreux, sales et méchants du genre, le versant le plus bruyant et le plus inintéressant.