Parias de la gloire (Henri Decoin, 1964)

En 1947 en Indochine, des soldats français recueillent un pilote allemand qui s’est écrasé près de leur bunker.

Malgré une post-synchronisation calamiteuse et même si le fossé avec les chefs d’oeuvre américains du genre est patent (la même année sortait Les maraudeurs attaquent), on tente de croire pendant une bonne moitié du métrage que, avec sa dignité et sa sobriété, le respectable Decoin a réalisé un des seuls bons film de guerre français. Malheureusement, l’intrigue impossible avec l’ancien FFL qui refuse de sympathiser avec le vétéran de la Wehrmacht fait définitivement basculer l’oeuvre dans le mauvais théâtre.

La fille de la rizière (Raffaello Matarazzo, 1955)

Le propriétaire d’une rizière croit reconnaître sa fille naturelle dans une de ses employées saisonnières.

Entrepris conjointement par les deux magnats Carlo Ponti et Dino De Laurentiis pour surfer sur la vague initiée par Riz amerLa fille de la rizière peut être vu comme le plus hollywoodien des nombreux mélodrames réalisés par Raffaello Matarazzo. Plastiquement parlant, c’est un film somptueux. Pour une fois, les couleurs du Ferraniacolor ne manquent pas de chaleur et rendent justice aux verdoyants paysages piémontais.  L’esprit de Busby Berkeley anime les mouvements chorégraphiques des ouvrières dispersées sur toute la largeur du Cinémascope. Certes, cette beauté est essentiellement décorative. Comme dans Riz amer, filmer les ouvrières au travail sert plus à exhiber leurs gambettes qu’à enrichir le récit d’une dimension sociale.

Ce récit reste assez basique. Il a cependant le mérite d’être moins tiré par les cheveux que ceux de la série Nazzari/Sanson. L’accélération finale n’empêche pas qu’ici, Matarazzo préfère prendre son temps pour raconter son histoire plutôt que d’accumuler les rebondissements. Le drame central s’en trouve amplifié. Enfin, si, quoique plus superficiel que les chefs d’oeuvre américains du genre, La fille de la rizière permet de passer un excellent moment, c’est aussi et surtout grâce à la présence d’Elsa Martinelli dont le corps sublime allie la grâce angélique d’Audrey Hepburn à la sensualité méditerranéenne de Claudia Cardinale. C’est autre chose qu’Yvonne Sanson.