Un héros de notre temps (Mario Monicelli, 1955)

Dans la société italienne de l’après-guerre, le parcours d’un homme lâche et pusillanime.

C’est pas mal et assez précurseur par rapport au genre de la comédie italienne (Un héros de notre temps ressemble beaucoup aux films que Sordi tournera 5 ans plus tard) mais l’absence de nuance dans la caractérisation du « héros » empêche l’empathie du spectateur à son égard, étrique les enjeux du récit et rend patente la volonté démonstrative des auteurs. C’est une comédie plus sinistre que drôle.

 

Le signe de Vénus (Dino Risi, 1955)

Une dactylographe cherche le grand amour en compagnie de sa cousine, canon de beauté.

Le signe de Vénus est une sorte de transition entre les téléphones blancs et la comédie italienne des années 60. En plus d’être relativement ancrée dans la société de l’époque, la mise en scène du canevas à l’eau de rose -des jeunes femmes qui rêvent du prince charmant- a des accents satiriques; à l’image de la métamorphose de Vittorio de Sica, bellâtre emblématique de la comédie mussolinienne, en séducteur minable. L’inspiration comique est plus timide qu’elle ne le sera dans les chefs d’oeuvre ultérieurs de Risi mais le film étonne plusieurs fois par sa dureté assumée et son refus des conventions. Ainsi de la frappante amertume du plan final. De plus, la distribution est remarquable.

Le veuf (Dino Risi, 1959)

Un homme d’affaire raté mariée à une femme très riche qui le déteste rêve très fort de devenir de veuf…

Comédie noire dans laquelle la satire sociale s’étrique rapidement mais qui frise l’onirisme de par un scénario fondé sur la variation d’un motif dramatique répété trois fois et l’abrupt de plusieurs raccords. Ainsi, Le veuf est aussi proche des comédies anglaises Ealing que des classiques de la comédie italienne mais heureusement, les auteurs ne se contentent pas de se repaître de leur cynisme et Alberto Sordi apporte une certaine humanité au personnage principal. Mineur mais plaisant et intéressant.