Par le sang des autres (Marc Simenon, 1973)

Un forcené se retranche avec une mère et sa fille dans une maison et exige, en échange de leur libération, qu’on lui amène la plus belle fille du village.

Le film se focalise alors sur les réactions des notables chargés de négocier. L’écriture est théâtrale, peu soucieuse de vraisemblance, mettant en exergue la veulerie des personnages, interprétés par une savoureuse brochette de comédiens (Bernard Blier, Claude Piéplu, Francis Blanche, Charles Vanel…), avec une certaine drôlerie et sans beaucoup de nuances. Le personnage du fou, lui, n’a aucune intérêt et sa relation dans la dernière partie avec la fille du maire est d’un ridicule achevé. Pour rompre la prévisibilité de cette charge jeuniste, on note des ruptures de ton à faire pâlir d’envie les scénaristes de comédie italienne. Bref, ce film du fils de Georges se laisse suivre, présente quelque intérêt, mais déçoit dans sa structure et ses finitions.

Etes-vous fiancée à un marin grec ou à un pilote de ligne? (Jean Aurel, 1971)

Un fonctionnaire du ministère de la culture père de deux enfants quitte sa famille pour une jeune fille qu’il a embauchée.

Le texte drôle et bien senti dit par Jean Yanne en voix-off n’empêche pas une vraie tendresse d’affleurer. Cette adaptation de Henriette Jelinek, que je n’ai pas lue, m’a semblé une sorte d’équivalent cinématographique des romans de Jean-Louis Curtis tel Un jeune couple: la même platitude stylistique, qui n’exclut pas une certaine verve satirique, au service de la même justesse sociologique et psychologique dans la peinture d’un couple de la petite bourgeoisie française autour de 1970. Jolie découverte.

Tous peuvent me tuer (Henri Decoin, 1957)

Après avoir dérobé des bijoux, des malfaiteurs se font volontairement emprisonner pour un délit mineur de façon à avoir un parfait alibi. Pendant leur détention, ils meurent un à un…

La fumeuse résolution de l’intrigue trahit le manque d’ambition des auteurs mais Henri Decoin découpe ça avec une efficacité plastique digne des films noirs de Hathaway et son film se suit avec plaisir. La mise en scène (découpage, éclairage, direction d’acteurs) peut même transmettre une certaine poésie: ainsi de la scène du parloir, presque géniale. Les acteurs sont biens, en particulier Francis Blanche et le jeune et déjà savoureux Jean-Pierre Marielle.

La cité de l’indicible peur/La grande frousse (Jean-Pierre Mocky, 1964)

Tandis qu’il poursuit un évadé, un policier légèrement benêt s’arrête dans une petite ville terrorisée par un monstre.

Sympathique comédie policière dans laquelle la fantaisie de la mise en scène, insufflée notamment par une magnifique brochette de seconds rôles, pallie relativement bien la désinvolture de la narration; les deux étant bien sûr étroitement corrélées.

Le septième juré (Georges Lautner, 1961)

Dans une ville de province, un notable gagné par ses pulsions tente de violer puis étrangle une superbe jeune fille. Il est tiré au sort pour faire partie du jury devant juger l’amant de la victime, accusé du meurtre…

Les effets sont surappuyés, les personnages unidimensionnels, la critique sociale simpliste. Cet ennuyeux représentant de la « qualité française » n’intéressera que les amateurs de Georges Lautner. Si si, ça existe.