Donatella (Mario Monicelli, 1957)

Embauchée comme domestique d’une riche Américaine, une jeune Romaine se met à sortir avec un ami de sa patronne, sur la base d’un malentendu.

Dénuée de toute visée satirique, cette relecture de Cendrillon n’a rien à voir avec les autres comédies de Monicelli mais ressemble à un téléphone blanc mis au goût du jour (Cinémascope-couleur, décors naturels, personnages de vedettes américanisées). C’est non seulement fade et niais mais également languissant car le récit cousu de fil blanc se traîne et le format large ne dynamise pas la mise en scène.

L’ordre et la sécurité du monde (Claude d’Anna, 1978)

Dans un train, une jeune femme échange par mégarde son passeport avec celui d’un journaliste enquêtant sur un coup d’état fomenté par la France et les Etats-Unis dans un pays africain.

Il y a Bruno Cremer, des plans urbains et industriels admirablement composés, la mélancolie habituelle des films d’espionnage « sérieux » et une séquence d’action digne d’un bon film américain mais il n’y a aucun sens du rythme narratif. Dommage.

La marchande d’amour (La provinciale, Mario Soldati, 1952)

Une histoire banale (simili-Madame Bovary agrémenté d’un soupçon d’inceste) racontée de façon compliquée (flashbacks avec différents narrateurs). Cette construction alambiquée n’a pas grand intérêt, c’est de la poudre aux yeux. Les types, les situations ne s’éloignent jamais des conventions. La morale puritano-bourgeoise est sauve grâce à un personnage de méchante entremetteuse qui porte le poids de tous les péchés. La mise en scène est soignée mais dévitalisée. Il n’y a guère d’émotion: la dramaturgie repose sur des ressorts canoniques du mélodrame mais la forme est compassée, dénuée de tout lyrisme. Enfin, il n’y pas une once d’érotisme alors que tout ça tourne tout de même autour des infidélités de Gina Lollobrigida !