Lilith (Robert Rossen, 1964)

Un jeune homme se fait engager dans un asile et tombe amoureux d’une schizophrène.

Le montage alambiqué et esthétisant qui abuse des surimpressions peine à masquer l’indigence du récit (on est très loin de La toile d’araignée). Reste le plaisir de contempler deux acteurs sublimes dont les visages sont magnifiquement photographiés par Eugene Shuftan: Jean Seberg et Warren Beatty.

 

Les aventuriers du Lucky Lady (Stanley Donen, 1975)

En Californie durant la Prohibition, deux hommes et une femme s’enrichissent grâce au trafic d’alcool.

Un film hétérogène. D’un côté, Lucky Lady est une faramineuse superproduction où le talent graphique de Stanley Donen s’épanouit à filmer moultes explosions (l’arsenal dont disposent les gangsters frôle le surréalisme). De l’autre, Donen raconte l’histoire d’un ménage à trois avec une candeur incroyable et magnifique. Les relations entre ces trois semi-ratés qui se lancent dans le trafic d’alcool, entraînés puis freinés par la dame, sont assez touchantes. Ces deux aspects ne sont pas très bien mêlés par l’écriture. Ainsi, la dernière partie -une gigantesque scène d’action- apparaît comme de la surenchère pure et simple faute de justification digne de ce nom en termes narratifs. Bref, Lucky Lady est un film assez divertissant et intéressant par bien des aspects mais trop complaisant et pas assez synthétique. Donen peine à trouver le ton juste. De plus, les acteurs manquent de la fantaisie nécessaire à ce genre de film. Gene Hackman est un comédien génial mais il n’est guère à sa place dans cette sorte de bande dessinée filmée.

Les parachutistes arrivent (The gypsy moths, John Frankenheimer, 1969)

Trois parachutistes s’arrêtent deux jours dans une petite ville de province américaine pour leur spectacle itinérant…

Les héros sont désormais des gladiateurs pourvoyeurs de frissons à bon marché pour les bourgeois. Comme dans I walk the line, la vie provinciale américaine est représentée avec une grande sécheresse. John Frankenheimer réussit à filmer l’ennui de la petite ville sans être ennuyeux grâce à son récit mené par petites touches. Le caractère des protagonistes est plus suggéré qu’explicité mais le film n’est pas superficiel pour autant car l’ensemble des signes est cohérent et présente in fine de beaux personnages mélancoliques, résignés (la femme au foyer jouée par Deborah Kerr) ou secrètement romantiques (le parachutiste joué par Lancaster). Les acteurs sont excellents. Les scènes de parachute sont trop longues. Le film est beau, désenchanté et typique de son époque.

Critique plus développée ici.