Tendre est la nuit (Henry King, 1962)

Un psychiatre épouse une riche patiente.

Le roman fêlé de Fitzgerald adapté par un vétéran du Hollywood classique sous contrôle de Selznick. Il y avait lieu de craindre que la sauce ne prenne pas. Et de fait, l’académisme de la forme, séduisant de par son opulence mais un brin languissant, peine à se coltiner les tourments intimes des personnages qui sont le sujet profond de l’oeuvre. Le film est essentiellement une suite d’images où deux personnages parlent au milieu de décors somptueux. Le Cinémascope évite à Henry King, plus routinier que jamais, de varier les plans. Pourtant, aussi patent que soient les défauts du film, il est difficile de le disqualifier complètement. En effet, le livre de Fitzgerald n’est pas trahi, la justesse du ton est maintenue et le drame, subtil, finit par émouvoir grâce à une dernière séquence particulièrement belle.

The last flight (William Dieterle, 1931)

Après la première guerre mondiale, les pérégrinations européennes de quatre camarades américains.

Plus qu’aucune adaptation d’Hemingway ou de Francis Scott Fitzgerald, The last flight est peut-être le film le plus emblématique de la Génération perdue. On y suit les beuveries de quatre copains à Paris puis à Lisbonne. Tous ont été meurtris par la guerre. Des tics signifient leurs blessures psychologiques. Et en plus il y a de la corrida. C’est dire si tout y est. Notons que Richard Bathelmess est excellent et que plusieurs scènes sont touchantes. D’où vient alors cette impression de vague déception? C’est que le film est peu dramatisé, qu’une fois le décor et les personnages (parfaitement) présentés, il ne raconte en fait pas grand-chose et que lorsqu’il s’y aventure, il ne dévie pas de la convention la plus éculée (voir tout ce qui touche au personnage du civil). Mais il a le mérite d’être court (80 minutes).

Les neiges du Kilimandjaro (Henry King, 1952)


Médiocre adaptation d’Ernest Hemingway. Gregory Peck n’est pas très à son aise et le style très classique d’Henry King n’est pas adapté au portrait de cet écrivain baroudeur et tourmenté. Passées à la moulinette hollywoodienne, les affres de de la Génération perdue apparaissent comme des peripéties mélodramatiques convenues. Heureusement, Zanuck a mis les moyens et le Kenya, Paris et l’Espagne donnent lieu à des vignettes pittoresques et dépaysantes. Le Technicolor de Leon Shamroy est magnifique.  Un film qui reste en surface des choses. La surface est jolie mais pas très expressive.